VIDEO. Démission de Nicolas Hulot: «Il était placé dans une situation intenable», réagit l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage

INTERVIEW L'ancienne ministre de l'Environnement salue la décision du ministre de la Transition écologique de quitter le gouvernement... 

Propos recueillis par Nils Wilcke

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Corinne Lepage a été ministre de l'Environnement de 1995 à 1997.
Corinne Lepage a été ministre de l'Environnement de 1995 à 1997. — IBO/SIPA

Ancienne ministre de l’Environnement de 1995 à 1997, Corinne Lepage réagit pour 20 Minutes à l’annonce ce mardi sur France Inter de la démission de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique. Elle estime « qu’il a eu raison » et pointe les difficultés rencontrées par un ministre à ce poste.

Nicolas Hulot est resté seulement quatorze mois en poste. En treize ans, la France a connu treize ministres de l’Ecologie. Pourquoi une telle instabilité ?

La durée de vie très courte des ministres de l’Ecologie a des causes diverses et variées. Cela étant, il est vrai que c’est un poste difficile et pas seulement en France. Être ministre sur les thématiques de l' environnement, cela signifie travailler sur le long terme et investir des moyens dans le temps. Tout le contraire de l’objectif des gouvernements qui veulent des plans sur le court terme avec des résultats quasi-immédiats et surtout qui coûtent peu de moyens. C’est souvent intenable.

Nicolas Hulot a déploré son isolement au sein du gouvernement, est-ce le sort des ministres de l’Ecologie ?

Pas forcément. Mais quand vous êtes ministre avec ce portefeuille, il faut faire face à l’hostilité des grands Corps de l’Etat. Que ce soit à l’Inspection des finances ou à Bercy de manière générale, il règne une inculture et une incompréhension sur ces sujets. Ces personnes n’abordent manifestement pas ces thématiques pendant leur formation, notamment à l’ENA. Il faut aussi composer avec le poids des lobbies, qui est très important dans notre pays. En France, il y en a trois, étroitement liés à l’appareil d’Etat : le nucléaire, le pétrole et l’automobile.

Que pensez-vous de la démission de Nicolas Hulot ?

Il a mille fois raison de partir. Je ne ferai aucune critique à son égard. Il était placé dans une situation intenable. Pour moi, il s’est rendu compte qu’il n’avait pas les moyens de son action et il a agi en conséquence.

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