VIDEO. Conseiller de Macron et des chasseurs... Qui est Thierry Coste, lobbyiste «sans morale» dénoncé par Nicolas Hulot?

PORTRAIT Nicolas Hulot a dénoncé ce mardi la « présence des lobbies dans les cercles du pouvoir », illustrée par celle d’un conseiller politique, Thierry Coste…

T.L.G.

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Thierry Coste sur RMC
Thierry Coste sur RMC — capture d'écran RMC
  • Nicolas Hulot a dénoncé ce mardi la « présence des lobbies dans les cercles du pouvoir », illustrée par celle d’un conseiller politique, Thierry Coste.
  • L’homme proche des chasseurs est aussi conseiller ruralité d’Emmanuel Macron.

Pour expliquer les raisons de sa démission, Nicolas Hulot a notamment dénoncé ce mardi la « présence des lobbies dans les cercles du pouvoir ». Dans son viseur, un homme : Thierry Coste. La présence de ce conseiller politique des chasseurs lors d’une réunion lundi à l’Elysée a « achevé » de convaincre le ministre de claquer la porte.

20 Minutes revient sur le profil de celui qui accepte avec un malin plaisir le qualificatif de « Machiavel ».

Un homme proche des milieux agricoles

Après des études au lycée agricole, Thierry Coste élève vaches, cochons et moutons. « J’ai été l’un des fondateurs de Paysans travailleurs, la première mouture de la Confédération paysanne », dit-il à L’Obs. L’agriculteur se bat alors contre la politique de la FNSEA pour défendre les petits exploitants. « J’ai beaucoup frappé les CRS, et j’ai beaucoup été frappé. C’était la seule façon de se faire entendre. Parce que la FNSEA monopolisait le dialogue avec les pouvoirs publics », assure-t-il à Marianne. « J’ai conservé depuis l’habitude trotskiste d’infiltrer l’ennemi pour mieux le comprendre », ajoute-t-il à L’Obs.

Un lobbyiste des chasseurs

Le bonhomme a plusieurs cordes à son arc. Thierry Coste travaille pour des clients de l’agroalimentaire, la grande distribution, la santé, l’énergie et les chasseurs. « Thierry Coste est un lobbyiste. Par sa fonction, il a de nombreux clients, et notamment la chasse française, confirmait à 20 Minutes Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs. Il est normal qu’il œuvre régulièrement dans les cercles rapprochés des chefs d’Etat, de la politique, c’est son boulot. Tout le monde utilise ses réseaux. C’est un atout supplémentaire pour nous car il est proche d’ Emmanuel Macron ».

Un « mercenaire » proche du pouvoir politique

Son rôle de lobbyiste le rapproche des hommes politiques. Il travaille auprès de Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur, sur une mission de lutte contre les feux de forêt dans les années 1980. Puis avec Pierre Bérégovoy, Laurent Fabius, François Mitterrand, etc.

« On me traite de Machiavel de la ruralité car j’ai conseillé Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande, cela ne me dérange pas », disait-il avec malice à 20 Minutes en février. On retrouve en effet Thierry Coste dans le sillage d’hommes politiques de tous bords : Jean Saint-Josse, candidat de Chasse, Pêche, Nature et Traditions à la présidentielle de 2002, Philippe de Villiers, Dominique Voynet. « Je vais là où mes intérêts et ceux de mes clients seront le mieux représentés. On peut dire que je suis un mercenaire, mais moi, au moins, je l’assume », répond-il au Monde.

Un proche d’Emmanuel Macron

C’est par l’intermédiaire du sénateur LREM François Patriat, très féru de chasse, que Thierry Coste rencontre Emmanuel Macron. « J’ai été pendant toute la présidentielle conseiller "chasse et ruralité". Aujourd’hui, je ne suis pas dans l’organigramme, mais je continue à titre personnel à le conseiller », racontait-il à 20 Minutes.

C’est aussi grâce à son influence que le chef de l’Etat aurait décidé de soigner les relations avec les chasseurs. A son tableau de chasse notamment : la remise au goût du jour des chasses présidentielle. Le lobbyiste ne tarit pas d’éloge sur le chef de l’Etat, quitte à forcer le trait. « Macron a un rapport extrêmement sain avec la chasse pour une raison toute bête : contrairement à l’image qu’on veut lui donner d’un président des villes, c’est un provincial. Un vrai, un Picard. Quand on est d’Amiens, on est imprégné par cet univers », disait-il à 20 Minutes.

Un lobbyiste « sans morale »

Sa société Lobbying et Stratégies représente aussi des marchands d’armes et fait affaire avec le Tchad, le Gabon ou l’Arabie Saoudite. L’intéressé n’y voit aucun souci. « Ah je n’ai pas de morale. Je respecte la loi, c’est clair. Mais au-delà de ça, la ruralité est ma passion donc je suis très machiavélique. Il n’y a pas beaucoup de gens qui l’assument, mais moi je l’assume complètement. Je défends des gouvernements étrangers qui sont des alliés de la France mais qui ont parfois des comportements très douteux avec les droits de l’Homme. Mais je les assume », assurait-il sur RMC.

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