VIDEO. Pourquoi la démission de Nicolas Hulot est un coup dur pour Emmanuel Macron

POLITIQUE Le ministre de la Transition écologique et solidaire a claqué la porte du gouvernement...

Thibaut Le Gal

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Hulot et Macron
Hulot et Macron — : Armando Franca/AP/SIPA
  • Nicolas Hulot a démissioné de son poste de ministre de la Transition écologique ce mardi matin.
  • Emmanuel Macron perd un membre populaire du gouvernement.

Les yeux brillants, la voix chevrotante, Nicolas Hulot annonce qu’il prend la décision la plus difficile de sa vie. « Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là [écolo] et donc je prends la décision de quitter le gouvernement ».

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a claqué la porte ce mardi en direct sur France inter. Sans prévenir personne. Si ce départ fracassant n’est pas une surprise - depuis des mois l’ancien animateur trainait sa peine - le coup est rude pour Emmanuel Macron.

« Le système Macron est en décomposition avancée »

Le chef de l’Etat avait réussi en mai 2017 un « joli coup » en attirant le charismatique animateur là où Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient échoué. Le gouvernement perd l’un de ses ministres les plus populaires, un membre de la société civile, et l’une des « cautions de gauche » [Hulot avait voté Hamon au premier tour de la présidentielle] d’un exécutif perçu comme de plus en plus à droite. « Nicolas Hulot s’est sacrifié pour la cause. C’était le meilleur ministre de l’Ecologie possible », résume son ami le député LREM Matthieu Orphelin.

Ce départ offre aussi aux adversaires du président un angle d’attaque. « Le système Macron est en décomposition avancée. La saison 1 du quinquennat s’était terminée avec l’affaire Benalla, c’est-à-dire une crise du régime. On commence la saison 2 avec la démission de Hulot. Avec ce gouvernement, la crise politique est permanente », tranche Adrien Quatennens, député de La France insoumise.

« C’est une démission sanction, poursuit l’élu du Nord. Elle valide l’incompatibilité du système productiviste et capitaliste avec le défi climatique. On ne peut pas se contenter de faire de la cosmétique en Ecologie ».

« Depuis un an, j’alerte sur le fait que Nicolas Hulot va se cramer !»

En réponse, l’exécutif s’est contenté de mettre en avant le travail du ministre. « Grâce à son travail, notre gouvernement peut être fier d’avoir un bilan écologique à la hauteur des enjeux. Il part à sa manière, libre », a réagi Christophe Castaner.

L’ancien ministre s’est effectivement montré très libre en partant, dénonçant la « présence des lobbies dans les cercles du pouvoir » : « Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ? » Une attaque visant directement le chef de l’Etat et régulièrement mise en avant par l'opposition.

Confronté à une rentrée délicate, le président de la République pourrait voir naître un malaise ( de plus) au sein de sa majorité. « Sans sous-estimer ce qui a été fait depuis un an, l’ensemble du gouvernement doit maintenant en faire plus sur l’écologie », prévient Matthieu Orphelin.

« Depuis un an, j’alerte sur le fait que Nicolas Hulot va se cramer ! Qu’il n’y arrivera pas, même si c’est le meilleur d’entre nous car il est seul. Hulot n’avait personne au gouvernement qui a une culture des enjeux écolo. Il perdait tous ses arbitrages. Il n’avait pas non plus de relais à l’Assemblée, on est que 4-5 députés éparpillés façon puzzle ! Je souhaite que ma majorité, le nouveau monde puisqu’on en parle, mette l’écologie au centre de ses priorités », s’agace François-Michel Lambert.

Le député LREM des Bouches-du-Rhône, qui milite pour la création d'un groupe écolo à l’Assemblée, poursuit : « Je me fous que ce soit un coup dur ou non pour Macron, de voir la majorité s’effondrer ou être plus forte. La question du remplaçant ne m’intéresse pas non plus si cette démission ne sert pas d’électrochoc, si on ne joue pas plus collectif ». Le nom du successeur ne sera pas connu avant jeudi.

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