Budget, Medef et partenaires sociaux... La rentrée chargée d'Edouard Philippe

POLITIQUE Le Premier ministre prendra la parole ce mardi à l’université d’été du Medef et recevra en milieu de semaine les partenaires sociaux…

Thibaut Le Gal

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Edouard Philippe
Edouard Philippe — Yann Bohac/SIPA
  • Le Premier ministre est de tous les fronts en cette rentrée.
  • Après une interview de rentrée au JDD dimanche, il interviendra ce mardi à l'université d'été du Medef et recevra à partir de mercredi les partenaires sociaux.
  • Cette omniprésence s’explique aussi par le retrait médiatique d’Emmanuel Macron.

En cette rentrée, il est le premier de cordée. A peine rentré de vacances, Edouard Philippe est déjà sur tous les fronts. Le Premier ministre, qui a présenté les grandes lignes du budget 2019 dans le JDD, sera ce mardi à l'université d’été du Medef. Le lendemain, le chef du gouvernement débutera ses entretiens avec les partenaires sociaux pour évoquer la délicate réforme de l'assurance chômage.

« Edouard Philippe montre qu’il n’attend pas que le boulot se fasse, tapi dans l’ombre. Il assume totalement les choix budgétaires, prépare la session parlementaire. Il joue pleinement son rôle de Premier ministre et de chef de la majorité », dit François Patriat, président du groupe LREM au Sénat.

En première ligne lors de l’affaire Benalla

Concernant la dégressivité des allocations-chômage, Edouard Philippe indique d’ailleurs n’avoir « ni tabou ni présupposés ». Peut-être un des marqueurs de la méthode Philippe. « Sur les gros sujets, les 80km/h, la formation professionnelle, il avait déjà affirmé son identité et son autorité. Il a montré aussi qu’il pouvait être courageux et offensif avec la réforme ferroviaire », poursuit l’élu. « On a dans ce deuxième budget présenté toutes les promesses de campagne, avec une conjoncture un peu moins rose que prévu. Le Premier ministre démontre qu’il continue à trancher, prendre des décisions pour maintenir le cap des transformations », ajoute Stanislas Guerini, député et porte-parole LREM à l’Assemblée.

Fin juillet, lors des débats sur les motions de censure déposées par la droite et la gauche, Edouard Philippe avait prévenu : « À la rentrée, nous n’avons nullement l’intention de ralentir […] Nous ne lâcherons rien, nous irons jusqu’au bout de notre projet ». En pleine affaire Benalla, c’est lui qui a bataillé seul face à opposition, répondant aux dizaines de questions des députés et sénateurs sur le sujet qui embarrassait l’Elysée. La séquence avait éclipsé les vives critiques lancées par certains marcheurs. « Ca a été un moment fort. Il a montré qu’il savait rendre les coups, allier sérénité et pugnacité. Il était déjà très accepté par les marcheurs, mais il est sorti renforcé de la séquence », note Stanislas Guérini.

« Il n’a jamais esquivé. Il était en première ligne alors qu’il n’était pas directement concerné », précise François Patriat. « Mais ce qu’il l’a choqué, c’est de devoir mettre fin aux débats sur la réforme constitutionnelle. Il n’était pas content d’avoir cédé et je pense qu’on ne l’y reprendra pas deux fois ».

« Macron est beaucoup monté au charbon »

Cette omniprésence d’Edouard Philippe s’explique aussi par le retrait médiatique d’Emmanuel Macron. « La parole du Premier ministre est aujourd’hui plus forte qu’avant l’été, autant l’utiliser au moment où le président est plus fragilisé », indique un membre du premier cercle au Monde. En difficulté dans les sondages, le chef de l’Etat aurait décidé de « prendre de la hauteur », se consacrant surtout aux questions européennes et internationales. « Cette baisse dans l’opinion prouve qu’Emmanuel Macron est beaucoup monté au charbon. C’est une conséquence logique car les Français le connaissent plus que le Premier ministre », estime François Patriat.

Alors que les échéances électorales approchent (Européennes 2019, Municipales 2020), Edouard Philippe, toujours pas encarté à En Marche, pourrait être très utile à la majorité, confirme François Patriat : « Il connaît mieux les élus de droite et du centre. Il aura un rôle à jouer important de négociateur pour permettre d’élargir l’arc de la majorité jusqu’aux juppéistes et aux radicaux ».

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