Affaire Benalla: «Fichage», «barbouzerie»... Le Pen et Mélenchon s'offusquent de figurer dans une étude polémique

AFFAIRE BENALLA Certains hommes et femmes politiques figurant parmi les comptes Twitter de l'étude controversée de Disinfo Lab sur l'affaire Benalla crient au « fichage » politique et à la « barbouzerie »... 

20 Minutes avec AFP

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Alexandre Benalla a finalement été licencié par l'Élysée.
Alexandre Benalla a finalement été licencié par l'Élysée. — STEPHANE ALLAMAN/SIPA

L'étude controversée de l'ONG belge Disinfo Lab visant à analyser les tweets publiés sur l'affaire Benalla n'en finit plus de faire parler d'elle.

Parmi les 55.001 noms de comptes Twitter publiés jeudi – et qui interroge sur la légalité de la pratique, en cours d'instruction par la CNIL –, on trouve plusieurs responsables politiques français.

EU Disinfo Lab divulgué deux tableaux Excel répertoriant les noms des comptes ayant tweeté sur l’affaire Benalla.
EU Disinfo Lab divulgué deux tableaux Excel répertoriant les noms des comptes ayant tweeté sur l’affaire Benalla. - Capture Twitter

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen s'indignent

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se sont ainsi plaints de figurer dans ce document censé déterminer une éventuelle ingérence russe dans la masse des messages publiés sur le réseau social – et qui mentionne pour chaque compte son affiliation politique supposée (« pro-Mélenchon », « pro-Rassemblement national » (RN, ex FN) ou « russophiles »...).

« Eh stupide barbouze ! Je ne suis pas un (robot) russe. C'est juste moi, Mélenchon, qui tweete contre toi ! » a  ainsi tweeté le leader de La France insoumise, en signant « matricule 14452 », en référence au numéro que son compte Twitter portait dans la liste litigieuse.

« Numéro de matricule 14802... Fichage, censure, manipulation de l'info, barbouzeries... Sympa le nouveau monde ! » a pour sa part ironisé la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Le Parti communiste français a également réclamé « des investigations poussées » et « exigé que toutes les mesures soient prises pour protéger les personnes fichées et leurs droits fondamentaux garantis », alors que « nombre de [ses] sympathisants et militants, parmi lesquels des parlementaires, se trouvent listés ».

Disinfo Lab a récusé toute accusation de fichage, en expliquant que « ces données avaient été publiées à dessein de vérification méthodologique et afin de limiter la circulation d'un fichier erroné ». 

L'un des auteurs de l'étude, Nicolas Vanderbiest, a présenté ses excuses et reconnu que la méthodologie employée pouvait être « débattue ».