VIDEO. Loin de Paris, comment Emmanuel Macron tente de tourner la page de l'affaire Benalla

DE L'AIR Bains de foule, selfies, dossiers européens, le chef de l’Etat tente de s’extirper de l’affaire Benalla…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron en déplacement à Bagnères-de-Bigorre, mercredi 25 juillet.
Emmanuel Macron en déplacement à Bagnères-de-Bigorre, mercredi 25 juillet. — Christophe Ena/AP/SIPA

«Prendre de la hauteur». Des Pyrénées à Lisbonne en passant par Madrid, Emmanuel Macron a retrouvé les bains de foule et les dossiers européens, mais sans totalement échapper à l'affaire Benalla.

Selfies jeudi dans la station de ski de La Mongie, débat vendredi avec de jeunes Portugais: le chef de l'Etat a respecté les rendez-vous désormais incontournables de ses déplacements en province ou à l'étranger.

Ces deux jours sont tombés à pic pour sortir de l'atmosphère étouffante qui pesait sur l'Elysée depuis le début de la crise politique la plus grave depuis le début de son quinquennat. «On retrouve de l'air pur, ça fait du bien», confie un membre de son entourage.

Emmanuel Macron n'a d'ailleurs pas boudé son plaisir en multipliant les rencontres avec habitants et estivants dans les Hautes-Pyrénées, la terre de ses vacances d'enfance.

«Un président de la République que rien ne troublera»

Tant et si bien qu'il est arrivé avec une heure et demi de retard à Madrid pour une visite express de quelques heures dans l'un des rares pays européens où il ne s'était pas encore rendu depuis son élection. La rencontre a été chaleureuse avec le nouveau chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, car «les convergences entre les deux pays sont réelles», en particulier sur la réforme de la zone euro et le dossier des migrants, se félicitent les deux dirigeants.

Mais, devant la presse, le président est rattrapé par l'affaire de son ex-conseiller à la sécurité Alexandre Benalla. Il répète que «tout ça est quand même beaucoup une tempête dans un verre d'eau». Avant d'affirmer, pour tenter de clore le dossier: «il y a un président de la République qui est au travail, qui continue et que rien ne troublera».

«Emballement des médias»

Il regrette une nouvelle fois «l'emballement» des médias, «très excités» par les révélations quotidiennes. «Ça fait deux heures que je suis avec les gens. Vous êtes le seul à en parler», a-t-il lancé quelques heures plus tôt à un journaliste qui l'interpelait au milieu des badauds bienveillants au pied du Pic du Midi.

Mais, pour une commerçante de Bagnère-de-Bigorre, «il serre des mains pendant des heures pour nous endormir» alors qu'il a «quand même commis un impair avec Benalla».

De cette affaire, il n'en a en revanche pas été question vendredi matin au cours des deux heures d'un débat très sérieux sur l'Europe entre Emmanuel Macron, le Premier ministre socialiste portugais Antonio Costa et quelque 500 personnes, dont de nombreux jeunes.

Devant une assistance polie et convaincue, le chef de l'Etat défend son ambition de «refonder l'Europe», pour la rendre «plus sensible, plus sensuelle» et moins «bureaucratique». Antonio Costa, l'un des rares dirigeants européens sur la même ligne qu'Emmanuel Macron, acquiesce. «La grande bataille que nous menons en Europe contre le populisme est celle pour la vérité», affirme-t-il.

Puis Emmanuel Macron retrouve le plaisir de revenir sur la victoire des Bleus au Mondial, célébrée avec éclat à l'Elysée deux jours seulement avant le choc des révélations du Monde sur l'affaire Benalla. «Quand l'équipe de France a gagné, personne n'a dit black-blanc-beur comme en 1998 (...) Quelque chose s'est passé dans la société, le regard a changé (...) Le sport est un levier formidable d'intégration», souligne-t-il. Il qualifie en revanche «d'affreux» les commentaires à l'étranger de «gens nationalistes, racistes» qui «ont dit: 'ce n'est pas une vraie équipe de France'».

Cette visite au Portugal est le dernier déplacement présidentiel prévu avant les vacances de l'exécutif, qui débuteront à la fin du Conseil des ministres fixé exceptionnellement le vendredi 3 août. Emmanuel Macron prendra alors la route du fort de Brégançon, les pieds dans la Méditerranée.

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