VIDEO. Affaire Benalla: Les troupes de Macron soulagées par son discours, l'opposition ironise

POLITIQUE Le président français a déclaré qu'il était le «seul responsable», mardi soir, en invitant ses détracteurs à «venir [le chercher]»...

Philippe Berry

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Emmanuel Macron s'est exprimé sur l'affaire Benalla devant devant son gouvernement et sa majorité parlementaire, le 24 juillet 2018.
Emmanuel Macron s'est exprimé sur l'affaire Benalla devant devant son gouvernement et sa majorité parlementaire, le 24 juillet 2018. — Gouvernement (J.B Lemoyne/Twitter)

Un capitaine à la barre du navire. C’est le message qui dominait après le discours d’Emmanuel Macron devant sa famille LREM, mardi soir. Après une semaine de turbulences provoquées par l'affaire Benalla, le président français a rompu son silence, se posant comme « le seul responsable », défiant ses détracteurs en lançant : « Qu’ils viennent me chercher ! » Si ses troupes ont salué son discours avec un certain soulagement, l’opposition ironise, alors que la Constitution protège un président en exercice.

« Digne et responsable », « courageux » : plusieurs élus reprenaient les mêmes termes pour saluer, souvent photos à l’appui sur Twitter, l’intervention d’Emmanuel Macron, invité surprise d’un pot de fin de session parlementaire de la majorité LREM-MoDem à la maison de l’Amérique latine.

« C’était un discours attendu par les membres de la majorité », a affirmé à l’AFP Laurianne Rossi, questeure de l’Assemblée, saluant « courage » et « émotion ». « Depuis 4-5 jours, les oppositions martèlent qu’il est muré dans le silence », il a choisi son moment en « maître des horloges », selon la députée.

« Il ne se défausse pas »

« C’était bienvenu », a commenté Olivier Véran, vantant un discours « fort », un autre député évoquant « une surprise espérée » après plusieurs journées plus que compliquées. « Il s’est comporté en capitaine de navire » et a été « courageux », a estimé un autre participant. Cet ex-socialiste s’est étonné auprès de l’AFP d’avoir vu un président « pas du tout nerveux ni même fatigué », là où « tous les autres » membres du gouvernement apparaissaient « très marqués », citant notamment le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

« Les oppositions avaient désigné des fusibles, elles les voyaient déjà sacrifiés. Parce qu’elles ont été formatées dans une République de lâcheté. Mais Emmanuel Macron n’est pas fait de ce bois-là. Il assume et ne se défausse pas », selon le porte-parole de LREM et député Gabriel Attal.

Même satisfecit affiché par certains membres du gouvernement, avec plusieurs expressions proches. "@EmmanuelMacron assume ses responsabilités, en tant qu’homme et en tant que président. Il refuse la République des fusibles, a tweeté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Pour le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner, le président « a assumé sa responsabilité envers les Français. Avec honneur, pour que seule la vérité gagne ». Il « nous a montré ce soir la voie de l’honneur et du courage ! Bref, ''un chef c’est fait pour cheffer'' J. Chirac », a commenté le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, ex-LR.

« La Constitution le protège »

« Si tel est le cas pourquoi avoir attendu la semaine dernière pour le licencier ? Pourquoi l’avoir dans les faits maintenu dans ses fonctions ? Pourquoi l’avoir couvert ? Le storytelling ne fonctionne plus… », a fustigé sur Twitter le premier secrétaire du PS Olivier Faure, pour lequel « le vrai courage c’est de prendre ses responsabilités avant que la presse ne révèle le scandale ».

« ''Qu’ils viennent me chercher'' (#Macron)… : pas très fair play quand la Constitution (ce que nous ne contestons pas) le protège précisément de toute obligation de rendre des comptes », a tweeté pour sa part la présidente du Rassemblement National (RN, ex-FN), Marine Le Pen.

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