VIDEO. Affaire Benalla: Des «barbouzes» dans le service de sécurité de la présidence?

ENQUETE Yves Lefebvre, secrétaire général de l’unité SGP police FO, l’a indiqué lors de son audition, ce mardi, par la commission d'enquête du Sénat...

B.D. avec AFP

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Depuis son arrivée à l'Elysée, Alexandre Benalla s'est improvisé membre du Groupement de sécurité du Président de la République (GSPR), seule autorité chargée de sécuriser le chef de l'Etat, comme ici au salon de l'agriculture.
Depuis son arrivée à l'Elysée, Alexandre Benalla s'est improvisé membre du Groupement de sécurité du Président de la République (GSPR), seule autorité chargée de sécuriser le chef de l'Etat, comme ici au salon de l'agriculture. — THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

« Il y avait des groupes privés qui travaillaient avec Monsieur Benalla et qui provoquaient des tensions avérées [avec] les fonctionnaires de police. » Lors de son audition mardi par la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla, Yves Lefebvre, secrétaire général de l’unité SGP police FO, a affirmé que des personnels privés avaient été employés pour s’occuper de la sécurité présidentielle.

« Selon les éléments en ma possession, il semblerait manifestement qu’au sein du groupe de sécurité de la police de la République (GSPR), nous avions un groupe de personnels hors police et hors gendarmerie, (…) qui étaient des civils, des privés », a ainsi indiqué le syndicaliste lors de son audition. Ces « vigiles » étaient selon lui « employés manifestement par Monsieur Benalla, dans le cadre de la protection de la présidence de la République ».

Pire, l’utilisation de ces « barbouzes » sans « aucune habilitation », comme il les qualifie, provoquait des tensions avec les fonctionnaires de police du GSPR, selon ses sources au sein du réseau de délégués au sein du service de protection des hautes personnalités (SPHP).

« Les éléments que j’ai eus m’ont été rapportés par mes représentants locaux, qui m’ont dit effectivement qu’il y avait des groupes privés qui travaillaient avec Monsieur Benalla et qui provoquaient des tensions avérées entre les fonctionnaires de police, et Monsieur Benalla et ses comparses », indique-t-il. Yves Lefebvre a par ailleurs affirmé que l’ex collaborateur de l’Elysée « faisait régner la terreur au sein du GSPR. Il allait jusqu’à l’insulte à l’égard des gradés et gardiens de la paix. »

« Confusion des rôles »

Avant Yves Lefebvre ce mardi, les syndicats policiers auditionnés par la commission d’enquête du Sénat avaient dénoncé « la confusion des rôles, l’ambiguïté des fonctions » de l’ex-collaborateur du chef de l’État. Ce qui posait « de graves problèmes, notamment sur la lisibilité des instructions qu’il pouvait donner à nos collègues », selon Olivier Boisteaux, président du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) devant les sénateurs.

Selon Fabien Vanhemelryck, secrétaire général adjoint du syndicat de gardiens de la paix, Alliance, les relations entre les fonctionnaires de police sur le terrain et Alexandre Benalla « étaient exécrables ». « Il se comportait comme un cador », a renchéri le secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), Jean-Marc Bailleul. Et de s’interroger : « Pourquoi avec le GSPR, prendre un conseiller "sécurité" ? »

Un questionnement qu’a également évoqué Olivier Boisteaux : « Est-ce qu’il y a une défiance de la présidence de la République à l’égard des gens qui sont chargés de la sécurité du président de la République ? » La commission d’enquête du Sénat doit encore entendre ce mardi le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, au sujet de l’affaire Benalla.

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