VIDEO. Affaire Benalla: Edouard Philippe défend Macron dans une Assemblée électrique

POLEMIQUE Edouard Philippe a martelé que des sanctions avaient bien été prises envers Alexandre Benalla dès le 2 mai...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe répond aux questions des députés après les révélations de l'affaire Benalla, le 24 juillet 2018.
Edouard Philippe répond aux questions des députés après les révélations de l'affaire Benalla, le 24 juillet 2018. — Bertrand GUAY / AFP

C'est la phrase à retenir de son intervention : « Les mesures appropriées de suspension ont été prises. » Cette déclaration, Édouard Philippe l'a répétée encore et encore, devant l'Assemblée nationale ce mardi. Le Premier ministre s’est employé à défendre l’exécutif en relativisant l’ affaire Benalla, lors d’une séance électrique de questions au gouvernement à l’Assemblée, alors que les auditions se poursuivent et que le dépôt d’une motion de censure est en vue.

C’est dans une atmosphère très tendue que le Premier ministre a brisé le silence de l’exécutif dans l’affaire Benalla. « Une dérive individuelle » et non pas « une affaire d’État », a soutenu Edouard Philippe sous les ovations du groupe En Marche et les quolibets de l’opposition.

« Rien n’a été masqué, rien n’a été omis »

« Rien n’a été masqué, rien n’a été omis », a assuré le Premier ministre, soumis au feu roulant de questions des chefs de groupe, de Christian Jacob (LR) à Valérie Rabault (PS) en passant par André Chassaigne (PCF) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) et le premier secrétaire du PS Olivier Faure qui a dénoncé « un clan qui s’autorise tout » autour du chef de l’État.

Le Premier ministre a admis des « questions » sur la « proportionnalité » de la sanction infligée début mai à Alexandre Benalla, une simple mise à pied de 15 jours après avoir frappé des manifestants le 1er mai pour ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron. Mais « la célérité » de la réponse n’est « pas contestable », a-t-il assuré.

L’exercice se poursuivra au Sénat où une nouvelle séance de questions d’actualité est prévue, à 16h45. Dans le même temps, un premier membre de l’Élysée, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, sera entendu par la Commission d’enquête de l’Assemblée à 16h30.

Une motion de censure en vue

Le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, bras droit du chef de l’État, répondra pour sa part jeudi aux questions des sénateurs, signe que l’affaire tutoie bien les sommets. Le Sénat entendra auparavant Gérard Collomb, qui s’est déjà plié aux questions des députés lundi matin.

La tension n’est pas près de retomber au parlement : le président du groupe LR Christian Jacob a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, probablement la semaine prochaine, afin qu’il « s’explique ».

Elle a peu de chance d’être votée au vu de la très large majorité LREM-MoDem. Mais avec un groupe LR de 103 membres pour 58 signatures requises, son dépôt semble cependant acquis, avec un long débat en perspective pour Édouard Philippe.

La France insoumise, qui cherche à déposer sa propre motion avec l’appui des communistes et des socialistes, n’a pas exclu de voter le texte LR. « Vous avez dit que l’opposition ne cherchait pas la vérité mais la crise », a déjà accusé Jean-Luc Mélenchon mardi : « La crise est là, la vérité se dérobe ».