Affaire Benalla: «Si ça avait pu rester sous les tapis de l’Elysée, ça en aurait arrangé plus d’un»

OPINION « 20 Minutes » a interrogé sa communauté #MoiJeune composée de 18-30 ans…

Naomi Mackako

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Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron au défilé militaire du 14 juillet 2018.
Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron au défilé militaire du 14 juillet 2018. — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

L’éclatement de l’affaire Benalla a fait trembler la sphère politique. Le préfet de police Michel Delpuech  a dénoncé  lundi devant la Commission des lois des « dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains ». Alors que les protagonistes oscillent entre silence et renvoi de balle, certains des membres de la communauté #MoiJeune y voient le scandale d’Etat du mandat d’Emmanuel Macron. 

Dans les commentaires du groupe des 18-30 ans, un terme pour qualifier cette affaire revient sans cesse : « Choquant. » Ces jeunes lecteurs se disent scandalisés. « J’ai l’impression qu’on ne se rend pas bien compte de l’ampleur du scandale, on serait en Amérique latine, on aurait la presse internationale sur le dos et les Américains à notre porte pour nous apporter la démocratie », écrit Arthur.

« La pratique de l’entre soi»

« On parle quand même ici d’un proche du président, la personnalité qui est supposée représenter la France… », soulève Idriss. « Cela montre l’autoritarisme, la pratique de l’entre soi et l’irrespect du cadre démocratique et républicain par notre président », note Egaan.

D’autres #MoiJeune s’accordent à dire que les questions d'« ententes douteuses » n’ont rien d’exclusif mais sont d’autant plus déplorables que La République En Marche prônait une « politique moderne et la moralisation de la vie politique ». L’affaire ne ferait que mettre en exergue des vieux démons qui semblent indissociables de la Ve République. Alexis fait un constat amer : « [Cela] confirme que les casseroles et les scandales sont un prérequis pour accéder aux plus hautes fonctions de notre pays ».

«Ce n’est qu’une diversion de l’opposition au moment où l’on s’attaque à la réforme constitutionnelle»

Les 18-30 ans saluent également la couverture médiatique de la « sale » affaire. « Il est important que les citoyens soient mis au courant et reçoivent l’ensemble des éléments pour comprendre », écrit Théo. « Cette dérive fait du bruit, ce qui a permis l’ouverture d’une enquête. Il y a donc du positif en cela : quand gronde le peuple, s’agitent les politiciens », se réjouit de son côté, Laure. Des membres du groupe déplorent le manque de transparence d’un gouvernement jugé « flou » et trop silencieux sur le scandale. Il apparaît curieux pour ces lecteurs que le ministre de l’Intérieur ne soit « pas au courant » d’une éventuelle autorisation accordée à Alexandre Benalla pour se trouver aux côtés des forces de l’ordre lors des événements du 1er mai.

Pour eux, la succession de contradictions ne tend qu’à suggérer la responsabilité de l’Etat dans l’affaire. Le silence du chef d’Etat a été fortement critiqué ainsi que l’annulation de ses apparitions publiques, notamment au Tour de France. « On sent bien que si ça pouvait rester sous les tapis de l’Elysée, ça en aurait arrangé plus d’un », a commenté Pierrick. « Pour moi, ce n’est qu’une diversion de l’opposition au moment où l’on s’attaque à la réforme constitutionnelle, qui devrait réduire le nombre de députés. Ce qui inquiète nos députés "professionnels" qui ne sont plus là pour représenter la France mais uniquement leur parti ».

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