Affaire Benalla: Collomb dit devant les députés que ce n’était pas à lui de saisir le procureur

ENQUETE Le ministre de l’Intérieur était auditionné par les députés lundi matin. Les élus voulaient en savoir plus sur ses responsabilités éventuelles dans l’affaire qui touche l’ancien collaborateur de l’Elysée Alexandre Benalla…

R. G.-V. avec AFP

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Gérard Collomb devant la commission des Lois de l'assemblée nationale, transformée pour l'occasion en commission d'enquête parlementaire pour l'affaire Benalla.
Gérard Collomb devant la commission des Lois de l'assemblée nationale, transformée pour l'occasion en commission d'enquête parlementaire pour l'affaire Benalla. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Gérard Collomb a indiqué lundi avoir été informé le lendemain des faits de l’existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla frapper et malmener des manifestants le 1er mai à Paris, et a estimé que ce n’était pas à lui de saisir la justice.

« Ce n’est qu’en rentrant en début d’après-midi (le 2 mai) que, lors de l’un de nos points de situation quotidiens, mon directeur de cabinet et mon chef de cabinet m’informent de l’existence d’une vidéo montrant des faits de violence sur la place de la Contrescarpe », a affirmé le ministre de l’Intérieur, entendu par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, dotée de prérogatives d’enquête sur l’affaire Benalla.

« Pas au ministre qu’il appartient de le faire »

Mais, a-t-il estimé, ce n’était pas à lui de saisir la justice de ces faits. « Ce n’est pas au ministre qu’il appartient de le faire. (…) Je considère que c’est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40 de le faire ». Cet article du code de procédure pénale impose à tout fonctionnaire de signaler un délit au procureur quand il en a connaissance.

« Je m’étais assuré le 2 mai que, tant le cabinet du président de la République que la préfecture de police, avaient été destinataires de l’information de la vidéo mettant en cause M. Benalla. Il leur appartenait donc d’agir. C’est la règle pour tous les manquements », a-t-il continué.

Cinq mises en examen dans l’affaire

Les vidéos montrant Alexandre Benalla, un proche collaborateur du chef de l’Etat, en train de frapper et malmener des manifestants le 1er mai à Paris alors qu’il accompagnait les forces de l’ordre en tant qu'« observateur » (mais avec brassard et casque de policier), ne cessent d’avoir des répercussions politiques, allant jusqu’à paralyser l’Assemblée.

Alexandre Benalla, conseiller de 26 ans - dont le licenciement a été annoncé vendredi -, l’employé de LREM Vincent Crase, avec lui en cette Fête du travail, et trois haut gradés de la police soupçonnés d’avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance de l’incident ont été mis en examen dimanche soir : les deux premiers notamment pour « violences en réunion » et les trois policiers notamment pour « violation du secret professionnel ».

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