Affaire Benalla: Les débats à l’Assemblée nationale perturbés, les députés réclament Collomb et Philippe

OBSTRUCTION Les députés examinent depuis neuf jours le projet de réforme de la constitution. Mais depuis jeudi, les débats n’avancent plus, monopolisés par les rebondissements dans l’affaire Benalla…

R. G.-V. avec AFP

— 

Le chef des députés Les Républicains, Christian Jacob, a réclamé la présence du Premier ministre.
Le chef des députés Les Républicains, Christian Jacob, a réclamé la présence du Premier ministre. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Le projet de révision constitutionnelle s’est retrouvé ce vendredi victime collatérale de l’affaire Benalla, les oppositions réclamant d’entendre Gérard Collomb avant de reprendre l’examen de cette réforme qui s’enlise. Alors que quelque 1.470 amendements restent à débattre, la majorité a dénoncé en retour une volonté « d’obstruction » des oppositions, qui rejettent ce texte réduisant, selon elles, les pouvoirs du Parlement.

Comme une grande partie de la journée de jeudi, la matinée de vendredi dans l’hémicycle a consisté en une succession de rappels aux règlements et suspensions de séance. Ce sont les articles de presse affirmant que le ministre de l’Intérieur était au courant dès le 2 mai des violences commises par Alexandre Benalla qui ont provoqué ces levées de boucliers. LR, socialistes, insoumis, communistes ont dénoncé des « mensonges » de Gérard Collomb, qui a laissé entendre jeudi, devant le Sénat, que la saisine de la police des polices était nouvelle. Ces députés ont « exigé », comme déjà la veille, qu’il vienne s’expliquer au plus vite devant la représentation nationale.

Le Premier ministre réclamé

Les révélations sur la transmission par trois policiers d’images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla ont entraîné une nouvelle salve de demandes. « C’est le cœur de l’État qui est atteint. Nos travaux doivent cesser immédiatement, le Premier ministre doit venir s’expliquer », a tonné le patron des députés LR Christian Jacob. Devant la presse, le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a aussi demandé la venue du Premier ministre.

Récusant toute « volonté d’étouffer » l’affaire, le chef de file des députés LREM Richard Ferrand a critiqué des oppositions cherchant à « saboter cyniquement les travaux de l’Assemblée nationale ». « Ça ne trompera personne », a ajouté ce proche d’Emmanuel Macron, alors que l’Assemblée doit plancher tout le week-end sur le projet de loi constitutionnelle, dont le vote solennel mardi en première lecture paraît compromis.

Désarroi des élus macronistes

Jeudi, la majorité avait accédé à la demande, formulée pendant des heures, des oppositions de créer une commission d’enquête parlementaire. Ses pouvoirs d’enquête, conférés pour un mois à la commission des Lois, porteront sur « les événements survenus à l’occasion de la manifestation du 1er-Mai ». Ugo Bernalicis (LFI) a demandé qu’Emmanuel Macron soit auditionné, sous les protestations de la majorité.

Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, et la majorité s’en sont remises à cette commission qui pourrait entendre rapidement Gérard Collomb. Dans les couloirs, quelques élus LREM peinent à cacher leur désarroi. Et, redoute une source parlementaire, « ça risque de bouger tous les jours encore ».

>> A lire aussi : Les quatre questions que pose l'affaire Benalla