VIDEO. La vidéo d'Alexandre Benalla, la nouvelle affaire qui embarrasse la Macronie

MAJORITE Après les révélations du « Monde » sur les agissements violents d’un responsable de la sécurité d’Emmanuel Macron, le camp du président se retrouve dans l’embarras…

L.C.

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Alexandre Benalla, à gauche d'Emmanuel Macron sur la photo, le 1er mars 2018.
Alexandre Benalla, à gauche d'Emmanuel Macron sur la photo, le 1er mars 2018. — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Un responsable de la sécurité d’Emmanuel Macron a été filmé frappant un jeune homme au sol, lors du défilé parisien du 1er-Mai.
  • L’opposition accuse l’Elysée d’avoir étouffé l’affaire, Alexandre Benalla ayant été suspendu deux semaines après les faits.
  • La présidence, comme le gouvernement et les élus de la majorité, n’a que très peu commenté cette affaire ce jeudi.

Cette journée de jeudi est longue pour les macronistes. Après les révélations du Monde sur Alexandre Benalla, en charge de la sécurité à l’Elysée, la présidence, les ministères concernés et les parlementaires ont été sollicités par les journalistes pour répondre aux nombreuses questions que soulève l’article du quotidien : pourquoi ce chargé de mission à l’Elysée était-il apparemment présent auprès des CRS le 1er mai, coiffé d’un casque à visière des forces de l’ordre ? Comment les CRS ont-ils pu le laisser frapper un jeune homme au sol, en marge de la manifestation ? La présidence a-t-elle tenté d’étouffer l’affaire en ne lui infligeant qu’une mise à pied de deux semaines ? Autant d’interrogations restées sans réponse.

L’Elysée remet de l’huile sur le feu

Pour la première fois, le porte-parole de la présidence Bruno-Roger Petit a enregistré une réaction en vidéo ce jeudi matin pour tenter d’éteindre la polémique. Il a condamné le comportement « inacceptable » d’Alexandre Benalla le 1er mai dernier et a indiqué qu’il avait reçu « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ».

Mais il a aussi suscité de nouvelles questions en révélant qu’il s’agissait d'« un dernier avertissement avant licenciement » et qu’il était désormais « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ». Dans ce cas, pourquoi Alexandre Benalla a-t-il été aperçu lors de la panthéonisation de Simone Veil le 1er juillet ou dans le bus des Bleus sur les Champs-Elysées lundi ? Et avait-il reçu de précédents avertissements pour d'autres épisodes de violence ?

Sans compter que Bruno-Roger Petit a annoncé qu’un autre homme, Vincent Crase, gendarme réserviste et employé de La République en marche, avait lui aussi « outrepassé son autorisation », aux côtés d’Alexandre Benalla, et que l’Elysée avait « mis également fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République ».

Belloubet contredit l’Elysée

Couac supplémentaire, la garde des Sceaux a publiquement contredit l'Elysée, et le directeur du cabinet d’Emmanuel Macron cité par Le Monde, en assurant à l’Assemblée qu’Alexandre Benalla « était sur cette manifestation sans autorisation », alors que Bruno-Roger Petit affirme qu’il avait été « autorisé », à sa demande, à « observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er-Mai », sur « un jour de repos ».

Après ce cafouillage, les rares membres du gouvernement à s’exprimer sur l’affaire se sont contentés de condamner les gestes d’Alexandre Benalla et de s’en remettre à la justice, qui a ouvert une enquête préliminaire ce jeudi contre le collaborateur pour « violences par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonctions ». Interpellé au Sénat, Edouard Philippe a déclaré que cette affaire « est désormais aux mains de la justice et c’est très bien ainsi ». Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé dans l'après-midi devant les députés la saisie de l'IGPN, la police des polices.

Les débats à l’Assemblée sur le projet de révision constitutionnelle ont également été perturbés par cette affaire, sur laquelle les députés de l’opposition n’ont cessé d’interroger le gouvernement. Ils ambitionnent également de créer une commission d’enquête parlementaire.

Silence à La République en marche

Contacté par 20 Minutes, le parti présidentiel n’a pas donné suite. Son patron, le secrétaire d’Etat Christophe Castaner, s’est contenté d’assurer que « personne n’est protégé dans ce pays, quel que soit son statut ». Rares sont les députés LREM qui ont publiquement réagi. Le service de communication du parti a fait passer le mot aux élus macronistes et à leurs collaborateurs à la mi-journée : « n’hésitez pas à nous contacter en amont de vos prises de paroles médiatiques ce jour et demain ». Une volonté d’éviter les cafouillages ?

Gilles Le Gendre, vice-président du groupe LREM à l’Assemblée, nous assure qu'« il n’y a pas un seul député du groupe qui ne soit choqué. Mais attendons les résultats de l’enquête préliminaire et le rapport de l’Inspection générale de la police nationale. C’est la position du groupe que nous venons d’arrêter, nous n’en dirons pas plus. »

En effet, rares sont les élus LREM qui ont répondu aux sollicitations de 20 Minutes ce jeudi, à l’exception de Joachim Son-Forget, député des Français établis hors de France. « S’ils sont avérés, ces actes sont abjects, pas qualifiables. Ils appellent une décision claire car travailler au Château est un honneur, et servir au plus haut niveau de l’Etat exige une exemplarité. J’ai confiance en la décision finale de l’Elysée », assure-t-il, appelant de ses vœux « une rupture des relations de travail entre Alexandre Benalla et la présidence, dans le respect du droit du travail ».

Seule la députée du Val d'Oise Cécile Rilhac a déclaré qu’Alexandre Benalla « n’a plus la légitimité d’exercer sa mission auprès de la présidence de la République ».

Un déplacement présidentiel parasité

En déplacement en Dordogne, Emmanuel Macron a été assailli de questions sur ces révélations. Il en a esquivé la plupart mais à un journaliste qui lui demandait si la République n’était pas « entachée » par cette affaire, il a répondu : « Non non, la République elle est inaltérable ! », tandis que l’opposition continue de presser le chef de l’Etat de s’expliquer sur cette affaire.

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