VIDEO. Coupe du monde 2018: Avec la victoire des Bleus, Emmanuel Macron va-t-il gagner en popularité?

POLITIQUE Le chef de l'Etat a beaucoup donné lors de la finale des Bleus...

T.L.G.

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Emmanuel Macron visiblement ému, prend Grizou dans ses bras
Emmanuel Macron visiblement ému, prend Grizou dans ses bras — https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2305923-20180711-coupe-monde-2018-beyonce-jay-z-diffuseront-finale-avant-concert-stade-france
  • La victoire des Bleus peut-elle faire bondir la cote de popularité d'Emmanuel Macron?
  • En 1998 la popularité de Jacques Chirac avait pris quelques points.

Il a mouillé le maillot comme s’il était sur la pelouse. Emmanuel Macron a vécu avec une passion quasi-frénétique la victoire des Bleus en finale de Coupe du monde dimanche soir à Moscou. Le chef de l’Etat a d’abord exulté à plusieurs reprises depuis la tribune d’honneur avant d’aller saluer de manière charnelle Kylian Mbappé et ses copains lors de la remise du trophée. « Une compétition est réussie quand elle est gagnée », prévenait-il d’ailleurs avant le début de la compétition.

En recul dans les sondages, le président de la République peut-il bénéficier avec ce sacre mondial d’une remontée d’opinion favorable ?

Emmanuel Macron était en feu le 15/07/18 lors de la finale de la Coupe du monde.
Emmanuel Macron était en feu le 15/07/18 lors de la finale de la Coupe du monde. - Alexei Nikolsky/AP/SIPA

 

Les 18 points de Chirac, « une exception »

Dans le passé, un cas de figure fait référence. Lors de l’été 1998, Jacques Chirac avait connu une hausse de popularité de 18 points. « L’effet Chirac est une exception », prévient Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. « Nous étions alors dans une période spécifique, la cohabitation, où Jacques Chirac n’était plus responsable de la conduite du pays. C’était un moment idéal car il n’était alors plus jugé sur son action, même si Lionel Jospin avait lui aussi gagné quelques points ».

Un tableau, publié par l’institut de sondage sur Twitter, montre qu’il n’y a pas forcément de corrélation entre les résultats de l’équipe nationale et les cotes de popularité des chefs de l’Etat. Le même Jacques Chirac avait perdu trois points lors de la victoire à l’Euro 2000. Nicolas Sarkozy avait lui pris trois points lors du désastre en Afrique du sud en 2010.

Le gouvernement est d’ailleurs resté mesuré sur le succès de la bande à Deschamps. « Comme l’a rappelé avec beaucoup de sagesse le président (…) nous n’y sommes pour rien, mais réjouissons-nous », a résumé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. « Les politiques qui font des calculs sur le dos des sportifs, je leur prédis un avenir peu radieux ».

« Les Français font la part des choses entre l’action du président et le football »

Les scènes de liesse de dimanche prouvent que la victoire des Bleus a un certain impact sur le moral des Français. En grand politique, Kylian Mbappé, le résumait bien dans une interview au Monde il y a quelques jours :

« Bien sûr que ça ferait sportivement, et même socialement, du bien. Ça enlève plein de problèmes, une Coupe du monde. Le pays est heureux. Que ce soit la caissière, la maire, le président, tout le monde va aller au travail avec la banane »

Selon un sondage Ifop pour le JDD, un Français sur deux estimait que la Coupe du monde avait un effet positif sur le mondial. En revanche, 44 % pensaient qu’une victoire de l’équipe de France n’aurait pas d’effet particulier sur la société française. Emmanuel Macron peut-il voir sa chute dans les sondages s’inverser ?

« Difficile de savoir si la victoire extraordinaire des Bleus peut lui donner une bouffée d’oxygène. La Coupe du monde est le seul événement qui brasse par définition tous les milieux sociaux, qui crée du lien. Mais la plupart du temps, les Français font la part des choses entre l’action du président et le football », note Frédéric Dabi. Même en cas d’embellie, le sondeur reste prudent. « Comme pour les autres présidents, il ne s’agira que d’une parenthèse enchantée. A la rentrée, les critiques sur le pouvoir d’achat, les retraites, ou l’injustice de sa politique devraient reprendre le dessus ».