Macron à Versailles: La réforme de la prise de parole au Congrès critiquée par des parlementaires

AMENDEMENT Emmanuel Macron a annoncé qu’un amendement allait être déposé pour lui permettre d’écouter et de répondre aux parlementaires au Congrès…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron au château de Versailles, le 9 juillet 2018.
Emmanuel Macron au château de Versailles, le 9 juillet 2018. — CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

Des parlementaires de droite comme de gauche ont critiqué ce mardi la proposition d'Emmanuel Macron d’amender la Constitution pour lui permettre d’écouter et de répondre aux parlementaires lors des Congrès, l’accusant de vouloir être un « président-Premier ministre ».

Jusqu’à maintenant, le président n’était pas présent lors du discours de dix minutes maximum des députés et sénateurs. L’an prochain, si le Président tient sa parole de réunir le Congrès à Versailles chaque année, ce ne sera plus le cas. Emmanuel Macron l'a annoncé lundi : un amendement au projet de loi constitutionnelle sera déposé dans la semaine.

Un engagement mal accueilli par certains. « C’est une proposition parfaitement fantaisiste, tout simplement parce qu’elle touche à l’ADN, au cœur de l’équilibre des institutions de la Ve République, a dénoncé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau sur Europe 1. C’est une sortie de régime (…) , il ne se contente plus d’être un président monarque, il veut cumuler et être un président-Premier ministre. »

« Un côté très amateur »

« Victoire ! Macron s’incline. La prochaine fois, il devra écouter et répondre. Victoirissime », s’est de son côté réjoui sur Twitter le chef de file des députés La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, dont le groupe avait boycotté le Congrès, invoquant notamment l’impossibilité de répondre au chef de l’Etat.
« Il y a un côté très amateur dans tout ça, on ne peut pas tout faire comme ça à la va-vite », a fustigé mardi sur LCP le député PS Stéphane Le Foll, jugeant que cette révision participait de la disparition du rôle du Premier ministre. « Il y a une affirmation d’un pouvoir plébiscitaire d’Emmanuel Macron, qu’il va chercher, qu’il veut, mais qui est un problème démocratique ».

Interrogé sur France 2 mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a lui assuré qu’il prenait « très bien » la proposition. « Ce que je trouve amusant si j’ose dire, c’est que lorsque le président de la République respecte scrupuleusement la Constitution (…) on le critique », et « quand il propose de la modifier (…) on dit "oh la". On ne peut pas tout avoir », a-t-il dénoncé, assurant que cela ne modifierait pas « le fonctionnement institutionnel qui fait que le Premier ministre est là pour mettre en œuvre la politique définie par le Président ».

Quant à Richard Ferrand, chef de file des députés LREM, qui s’était opposé à un amendement similaire déposé par l’opposition, il a rappelé sur France Inter que « le gouvernement (…) est responsable devant le Parlement », pas « le président de la République ». Nul doute que le sujet sera au cœur des débats sur la réforme des institutions, qui s’ouvre à l’Assemblée.

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