Parlement européen: Les eurodéputés français, champions des revenus «annexes»

POLITIQUE Une enquête publiée par Transparency International ce mardi révèle que plusieurs eurodéputés français figurent dans le classement des plus gros revenus « annexes » perçus par les membres du Parlement européen...

Jeremy Vial

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L'eurodéputée Rachida Dati est concernée par l'enquête de Transparency International, publiée ce mardi.
L'eurodéputée Rachida Dati est concernée par l'enquête de Transparency International, publiée ce mardi. — Lionel Bonaventure AFP

Un salaire de 8.500 euros, ce n’est pas forcément le seul revenu mensuel pour nombre d’eurodéputés français. Une enquête menée par Transparency International, publiée ce mardi, rapporte que les élus français apprécient les revenus dits « annexes », provenant essentiellement de puissants lobbies. Chaque mois, ils perçoivent la somme de 8.500 euros pour leur travail effectué au sein du Parlement européen, mais certains arrivent à doubler voire à tripler cette somme.

Ainsi, entre 2014 et 2018, un peu plus de 4,8 millions d’euros de revenus « annexes » (le plus fort total du Parlement européen) ont été touchés les eurodéputés français, soit une moyenne de 120.000 euros pour chaque parlementaire. Un record.

En proportion, les élus français figurent parmi les eurodéputés les plus nombreux à percevoir des revenus « annexes » (51 %), juste derrière les Belges (62 %), les Autrichiens (56 %) et les Danois (54 %).

Muselier, Dati, Schaffhauser…

Dans le détail, Renaud Muselier est l’eurodéputé français qui touche le plus de revenus annexes : il se classe en 4e position au classement global. Ainsi, le président de la région Paca a gagné au minimum 816.130 euros sur la période 2014-2018. L’élu marseillais, médecin de formation, tire ses revenus de ses activités au sein de ses deux cliniques.

Parmi les autres noms recensés par l’enquête de Transparency International, celui de Rachida Dati (5e position). Sur la période, la maire du VIIe arrondissement de Paris a déclaré au minimum 768.000 euros de revenus annexes. Ce montant provient de son cabinet d’avocat, alors que des soupçons de conflits d'intérêts de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy avec GDF-Suez avaient été émis, il y a près de trois ans, par le magazine Cash Investigation.

Enfin, au sein du groupe ENF fondé par Marine Le Pen et Matteo Salvini, Jean-Luc Schaffhauser (8e position) perçoit des revenus miniums de 4430.022 euros, provenant d’une société basée à Dubaï.

Transparency veut plus de transparence

Au-delà de son enquête chiffrée, Transparency International souhaiterait que le contrôle sur ces revenus « annexes » soit renforcé de la part du Parlement européen. Pour plus de transparence, l’ONG émet quatre propositions : l’interdiction pour les eurodéputés d’activités de lobbying en marge d’un mandat et instauration d’une période de carence pour les sortants ; l’obligation de transmettre plus de détails sur la nature des activités conservées ; l’amélioration du contrôle effectué par le Parlement européen et la mise en place d’une autorité indépendante pour sanctionner les abus.

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