Emmanuel Macron maintient le cap devant le Congrès réuni à Versailles

POLITIQUE Le chef de l'Etat s'est exprimé pendant plus d'une heure devant députés et sénateurs...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron au Congrès de Versailles.
Emmanuel Macron au Congrès de Versailles. — WITT/SIPA

Quelques rires nerveux précèdent son entrée. François de Rugy l’annonce, mais Emmanuel Macron n’arrive pas. Après quelques secondes, le chef de l’Etat apparaît enfin dans la sublime salle du château de Versailles, où l’attend l’ensemble du Congrès. « Je n’ai rien oublié des peurs, des colères accumulées pendant toutes ces années, qui ont conduit notre pays à ce choix. Elles n’ont pas disparu en une année », entame le président de la République, évoquant son élection présidentielle, il y a plus d’un an. « Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout », ajoute-t-il.

Pendant plus d’une heure, Emmanuel Macron s’évertue à défendre son bilan et dresse les grandes lignes des réformes à venir. L’exercice est convenu, l’objectif connu : malmené par les sondages et les critiques, le capitaine tient à rappeler le cap et resserrer les rangs.

« Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches »

Le président démine, donc. D’abord, les accusations de « monarque absolu », martelées par l’opposition depuis l’annonce du Congrès. « J’entends qu’on me fait les pires reproches, souvent par facilité, quant à cette procédure. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement de déposer un amendement pour permettre, lors du prochain Congrès, que je puisse non seulement rester mais aussi vous écouter et vous répondre. » Les applaudissements fusent de partout, ce sera la seule annonce du discours.

Emmanuel Macron s’attaque ensuite à l’image de « président des riches », qui semble-t-il, lui colle toujours à la peau. « Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches. C’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics, insiste-t-il. Si l’on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs, qui font ce gâteau, et personne d’autre. »

Pour cette deuxième année, le président promet de mieux « protéger » les plus vulnérables, tout en réduisant les dépenses de l’Etat. Vient alors la défense du projet de réforme des retraites, prévu pour 2019. « Faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine visant à faire peur. Je le dis clairement : rien ne changera pour les retraités d’aujourd’hui ». Une partie de la salle éclate et lance des « Et demain ? ».

C’est la seule fois où Emmanuel Macron est mis en difficulté. Le reste du discours est ponctué par des félicitations cadencées des parlementaires de La République en marche. « Manifestement vu les applaudissements réguliers de la majorité, celle-ci, en plein doute, avait besoin d’entendre Macron Tient plus de la calinotherapie que de l’Adresse à la Nation », tweete le député LR Philippe Gosselin.

« Emmanuel Macron s’est contenté d’enfiler les bonnes intentions avec autosatisfaction »

A la fin du discours, dans les couloirs du château, chacun est dans son rôle. « Plus d’un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la France ne va pas mieux. Le président n’est pas à la hauteur des enjeux et des menaces qui pèsent sur notre pays. Il s’est contenté d’enfiler les bonnes intentions avec autosatisfaction », tacle le député LR Eric Ciotti.

« Il est important de faire comprendre aux Français que ça va mieux. Que nous allons continuer à nous battre pour réformer le pays », avance Stanislas Guérini, porte-parole du groupe LREM. Le chef de file, Richard Ferrand balaie les critiques sur le report du plan pauvreté. « Ce qui marquera les esprits, c’est l’efficacité de ce que nous ferons. Le grand chantier à venir est la redéfinition de notre Etat providence, qui a été créé au sortir de la guerre et ne correspond plus à notre époque. »

Cet « Etat providence du XXIe siècle » sera basé sur un « nouveau contrat social » dont Emmanuel Macron discutera le 17 juillet avec les syndicats et le patronat, invités à l’Elysée.

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