Projet de révision constitutionnelle: 78 députés LR dénoncent la « démolition » en vue de l’Assemblée

DEBAT Le projet de loi constitutionnelle, qui sera débattu à partir de mardi par l'Assemblée nationale...

D.B.

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L'Assemblée nationale le 3 juillet 2018.
L'Assemblée nationale le 3 juillet 2018. — Lucile Gourdon/SIPA

Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Dans une tribune intitulée « A quoi sert la Constitution Macron ? », publiée dans le JDD ce dimanche 79 députés Les Républicains le projet de révision constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron. Parmi les signataires : Christian Jacob, Eric Ciotti, Valérie Boyer, Claude Goasguen, Guillaume Peltier…

Ce texte sera débattu à partir de mardi par l’Assemblée nationale, après le discours lundi d'Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Il prévoit la réduction de 30 % du nombre de parlementaires, la limitation du cumul à trois mandats identiques dans le temps et la dose de 15 % de proportionnelle… Le débat à l’Assemblée promet des échanges enflammés et une pluie d’amendements.

« Ce serait le triomphe de la technocratie et la défaite de la démocratie »

Dans leur tribune, les députés LR estiment que « la domestication, la décomposition et la démolition de l’Assemblée nationale sont en marche. Le Président veut, tout simplement, un Parlement encore moins puissant, encore plus obéissant ». Avant d’enfoncer le clou un peu plus loin : « C’est précisément ce que souhaite monsieur Macron​ : concentrer tous les pouvoirs, dans ses mains et dans celles des techniciens qui composent sa cour ».

S’ils estiment qu' « une diminution du nombre des membres du Parlement peut être légitimement envisagée, la combinaison d’une réduction d’un tiers et de l’introduction d’un mode de scrutin mixte est de nature à affaiblir profondément la mission constitutionnelle de l’Assemblée nationale et sa légitimité à incarner, par délégation de la nation, un pouvoir de l’État. Ce serait le triomphe de la technocratie et la défaite de la démocratie », fustigent-ils.

Voilà qui laisse présager un débat très vif lors des deux prochaines semaines à l’Assemblée.