Pourquoi le discours d'Emmanuel Macron au Congrès est très attendu

POLITIQUE Le chef de l'Etat prendra la parole lundi après-midi devant les parlementaires réunis à Versailles...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron devant le Congrès, le 3 juillet 2017.
Emmanuel Macron devant le Congrès, le 3 juillet 2017. — Eric FEFERBERG / POOL / AFP
  • Emmanuel Macron s'exprimera lundi devant le Congrès réuni à Versailles.
  • Le président, en baisse dans les sondages, devrait évoquer les grandes lignes du plan sur la pauvreté.

C’était une promesse de campagne. Le chef de l’Etat prendra la parole lundi devant le Congrès réuni au château de Versailles. Emmanuel Macron avait pris l’engagement de rassembler chaque année les députés et les sénateurs pour faire l’état des lieux de son action. L’été dernier, il avait évoqué les premières pistes d’une réforme des institutions. En baisse dans les sondages, le discours de cette année est attendu.

« Dans un quinquennat, il y a des moments difficiles »

Il faut dire que l’image du « président des riches » est martelée par l’opposition et qu’un gratin de nouilles est passé par là. « On est dans un moment difficile, il y a des crispations mais notre responsabilité est d’assumer. Le Congrès va donner un cap. On sait tous que dans un quinquennat, il y a des moments plus difficiles, mais ce n’est pas maintenant qu’on va reculer », prévient Catherine Osson, députée de La République en marche du Nord. « On a fait de grandes mesures sociales, le dédoublement des classes de CP, la hausse du minimum vieillesse, qui ont été moins défendues par rapport à d’autres mesures. Ça a pu alimenter cette idée de président des riches que je regrette », poursuit la membre du pôle social de la majorité.

Dans ce contexte, pas étonnant d’imaginer le chef de l’Etat évoquer les grandes lignes du plan pauvreté lors du Congrès. La députée s’interroge : « Le président va envoyer un message fort pour les plus démunis. Je l’attendais, mais je me demande si le timing est le bon, au bout d’un an de mandat… » D’autant que le détail du plan sera lui reporté en septembre.

« La cristallisation des colères ne se résoudra pas par un tour de passe-passe au Congrès »

« C’est regrettable, car la misère n’attend pas. Les pauvres ne seront pas pauvres qu’en 2019. Et les avantages fiscaux (flat tax, ISF) ont eux été perceptibles immédiatement », tacle Jean-Michel Clément, désormais en retrait du groupe LREM. « J’attends de voir le plan dans son ensemble, ça ne doit pas se résumer au versement des aides en une seule fois. Mais quand on dit que ça coûte un pognon de dingue, ça n’annonce rien de bon ».

Le député de la Vienne, désormais non-inscrit, ne croit pas au « virage social » de l’exécutif. « Nous sommes dans une orientation sociale-libérale affirmée. Je ne sais pas si Emmanuel Macron est dans une mauvaise passe ou dans une impasse. Mais la cristallisation de toutes les colères, au bout d’un an, ne se résoudra pas par un tour de passe-passe au Congrès ».

« Il ne faut pas attendre grand-chose du discours du Congrès », confirme Bruno Cautrès, chercheur CNRS au CEVIPOF « Qui se souvient de celui d’il y a un an, à part les spécialistes ? L’image du président ne sera pas modifiée radicalement par l’annonce d’un plan sur la pauvreté. Il faudra voir sur le long terme, si la situation matérielle des plus démunis a réellement changé ». Le chercheur poursuit : « L’enjeu le plus important pour Emmanuel Macron est peut-être celui sur les institutions dans un contexte ou députés et sénateurs sont vent debout contre la fiscalité locale et la réforme du Parlement ».