Division de la gauche, saison 2: Hamon, Mélenchon, EELV... L'impossible union pour les élections européennes

POLITIQUE Comme lors de la présidentielle, les différents mouvements de gauche peinent à s'unir pour les élections européennes...

T.L.G.

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Jadot, Hamon, Mélenchon
Jadot, Hamon, Mélenchon — Francois Mori/AP/SIPA Jean Michel Nossant/SIPA Tristan Reynaud/SIPA Tristan Reynaud/SIPA
  • Les partis de gauche ne parviennet pas à l'unité pour les européennes.
  • EELV et Génération.s ne feront finalement pas liste commune.

Comme une impression de déjà vu. Les acteurs n’ont pas changé : Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Yannick Jadot. L’intrigue est identique : comment unifier la gauche ? La fin s’annonce tout aussi ratée que lors de la première saison, avant la présidentielle. Dernier épisode en date ce week-end, lors de la convention de Générations, le mouvement de l’ancien candidat socialiste à la présidentielle.

« Nous ne croyons pas au repli identitaire et encore moins au repli identitaire sur les petites chapelles et les petits appareils », a taclé Benoît Hamon, visant ses anciens alliés d’Europe Ecologie-les Verts. « Une liste unie aux européennes placerait l’écologie politique en premier opposant à Macron […] Je vous l’annonce, elle se fera, cette unité », a plaidé l’ancien ministre, fustigeant « la litanie des stratégies inavouables d’acteurs minuscules pour retarder le moment de cette unité ».

« Les discussions sur les candidatures, ça braque les gens »

Au début du mois, les négociations avaient bien avancé pour faire liste commune, mais depuis quelques jours, le parti écolo a fermé la porte. « Certains sont plus préoccupés par les compétitions internes et leur volonté de jouer le score écolo aux européennes que de se battre pour les urgences écologiques ou la défense des valeurs européennes », s’agace l’eurodéputé Guillaume Balas, bras droit de Hamon. « Les écologistes ne sont pas d’accord entre eux, certains sont tentés par leur aventure personnelle et instrumentalisent le débat malgré toutes nos convergences ».

Dans sa ligne de mire notamment, le député européen Yannick Jadot, qui a déjà annoncé qu’il se verrait bien tête de liste pour les seuls EELV, crédité à environ 6 % dans les sondages (contre 3 % pour Génération. s). « Hamon a raison. Il ne faut pas laisser les ego et les inerties gâcher notre opportunité de faire franchir un cap à l’écologie politique », s’inquiète Julien Bayou, porte-parole d’EELV. « Il serait bien de clore le cycle des discussions sur les candidatures. Ca braque, les gens se figent. C’est comme ça, c’est humain. Si on y va séparément, on ne sera pas crédible… »

« J’ai l’impression que les autres partis de gauche ressentent une gêne »

Lors de son discours, Benoît Hamon n’a pas évoqué Jean-Luc Mélenchon et sa récente main tendue sur Twitter. « Il y avait leur congrès et le départ de Régis Juanico du PS [pour rejoindre Générations], que nous avons invité dans notre groupe à l’Assemblée. On s’est dit que c’était le bon moment pour faire passer un message de dialogue », explique Eric Coquerel, député LFI. Les deux propositions sont restées lettres mortes.

« Je ne fais pas de politique par le tweet », réplique Guillaume Balas, qui rappelle les divergences sur l’Europe avec les insoumis. « Les réponses que nous voulons apporter sur l’immigration, la démocratie, la régulation à l’économie se font à l’échelon européen. Nous sommes contre le repli nationaliste ou le repli identitaire ».

Eric Coquerel s’en désole. « L’idée n’était pas de gommer nos divergences, qui sont réelles sur l’Europe. Mais de dialoguer au-delà des polémiques et des querelles. J’ai l’impression que les autres partis de gauche ressentent une gêne dans l’émergence de La France insoumise, alors que c’est une force, c’est dommage ».

L’union à gauche, ce ne sera pas pour tout de suite. Julien Bayou reste optimiste. « Pour les municipales [en 2020], j’espère qu’on travaillera tous ensemble avec les insoumis. Avec les [Eric] Coquerel, les [Danielle] Simonnet et d’autres, il y a des ponts sur de nombreux sujets ».