Après de nombreuses critiques, Jean-Marie Le Pen essaie d'apaiser les tensions avec sa fille Marine

FAMILLE Le cofondateur du FN, a même trouvé sa fille « en beauté » quand elle lui a rendu visite à l’hôpital le jour de la fête des pères, ce qui l’a rendu « heureux »...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Pen à Luxembourg, le 23 novembre 2017.
Jean-Marie Le Pen à Luxembourg, le 23 novembre 2017. — JOHN THYS / AFP

Les liens du sang et de la politique se nouent et se dénouent dans la famille Le Pen. A 90 ans, Jean-Marie Le Pen affirme avoir atteint « l’âge des indulgences » et fait un pas vers sa fille Marine, qu'il a régulièrement critiquée. En dépit de leurs désaccords politiques, le patriarche se montre désireux de ne pas rester sur une rupture du « clan ».

« Marine sera portée par les événements » liés à la crise migratoire, assure Jean-Marie Le Pen à propos des élections européennes de 2019, dans une interview à Paris Match publiée ce jeudi. On ne s’attendait pas à des compliments sur la politique de sa fille, après les mots durs échangés plus tôt dans l’année. Le fondateur du FN, devenu Rassemblement national (RN), assure avoir atteint « l’âge des indulgences ».

Le cofondateur du FN, qui conteste le nouveau nom du parti, a même trouvé sa fille « en beauté » quand elle lui a rendu visite à l’hôpital le 17 juin, jour de la fête des pères, ce qui l’a rendu « heureux ».

Jean-Marie Le Pen a dit sa « pitié » pour sa fille

Ses propos tranchent avec les nombreuses critiques, y compris personnelles, qu’il a formulées contre sa fille depuis que cette dernière l’a exclu du FN en 2015, après ses propos polémiques répétés sur la Shoah. Dans le premier tome de ses Mémoires paru quelques jours avant le congrès du FN début mars, il défend encore le maréchal Pétain et dit sa « pitié » pour sa fille. Le changement de nom pour lui est une « trahison ».

« Sa fille l’a bel et bien tué politiquement. Ce qui compte pour lui, c’est la considération affective », estime Didier Lauru, auteur de Père-fille, une histoire de regard (Albin Michel, 2006). Marine Le Pen, qui d’habitude refuse de commenter tout ce qui touche à sa vie privée, a pourtant évoqué la santé de son père après sa sortie de l’hôpital, en assurant qu’il « allait mieux ».

« Quand on est le chef de clan, on se doit d’avoir le dernier mot »

A propos de son autre fille Marie-Caroline, qui avait rejoint en 1998 avec son mari Philippe Olivier (actuel conseiller de Marine Le Pen) le dissident Bruno Mégret, avant de se rallier à Marine Le Pen en 2007, Jean-Marie Le Pen dit « espérer vraiment » qu’elle viendra « avec son mari et ses sœurs » à la soirée organisée samedi pour ses 90 ans dans sa maison de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

« Monsieur Le Pen veut donner l’image d’un homme sage qui accueille ses filles prodigues. Il sait que s’il les repousse, elles ne viendront pas l’aider dans ses dernières années. Mais il ne renie rien et reste persuadé que c’est lui qui a tracé la voie royale », analyse Samuel Lepastier, psychanalyste et chercheur associé à l’institut des sciences de la communication (CNRS-Sorbonne). « Quand on est le chef de clan, on se doit d’avoir le dernier mot. »

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