Campagne d'Emmanuel Macron: Vexés de ne pas avoir de réponses, les Républicains de Lyon portent plainte

POLITIQUE Ils estiment que le Chef de l'Etat a bénéficié de faveurs économiques et d'autres largesse de la part de la Métropole de Lyon, pendant sa campagne...

Caroline Girardon

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Caroline Collomb entre Emmanuel Macron (à gauche) et son mari, le ministre de l'Intérieur (à droite)
Caroline Collomb entre Emmanuel Macron (à gauche) et son mari, le ministre de l'Intérieur (à droite) — J.P Ksiazek
  • Les Républicains de Lyon ont déposé plainte au sujet des frais de campagne d’Emmanuel Macron lors de ses visites à Lyon.
  • Ils estiment que la Métropole et la Ville, alors dirigées par Gérard Collomb, auraient mis à disposition du candidat, des moyens financiers, humains et matériels.
  • Certaines prestations auraient été offertes ou sous-facturées.

Ils n’ont pas obtenu de réponses. Alors ils ont décidé d’employer la manière forte : porter plainte. Les Républicains de la Métropole et de la ville de Lyon ont saisi mardi le Procureur de la République, au sujet des largesses dont aurait pu bénéficier Emmanuel Macron, lors de sa campagne électorale pour la présidentielle.

Même si le chef de l’Etat assure que ses comptes de campagne sont transparents, ses opposants estiment que la Ville et la Métropole, alors dirigées par Gérard Collomb, ont mis gracieusement (ou presque) des « moyens publics humains, matériels et financiers » à sa disposition.

Le rôle de Jean-Marie Girier

« Il apparaît que des prestations ont été fournies soit gratuitement, soit à des conditions très largement inférieures aux prix du marché », indiquent-ils dans leur plainte. Comme cette réunion électorale organisée le 7 septembre 2016 sur la péniche La Plateforme, facturée 996 euros. Deux ans plus tôt, il a été demandé… 7.000 euros aux Républicains pour louer le même endroit, assurent-ils. De plus, la réservation aurait été effectuée au nom de la Métropole de Lyon et non de la République en Marche.

D’autres soupçons portent sur « la situation particulière » de Jean-Marie Girier, l’ancien chef de cabinet de Gérard Collomb. Ce dernier aurait dû travailler à la Métropole jusqu’à la fin de l’année 2016. Or, il « apparaît, et cela semble être de notoriété publique, que celui-ci n’exerçait plus aucune fonction réelle étant en charge de la campagne d’Emmanuel Macron à temps plein depuis le milieu de l’année 2016 », soulignent les élus dans leur plainte, exemples à l’appui.

Réception dans les salons de l’Hôtel de Ville

Concernant les soupçons de « financement irrégulier » et « de prestations en nature », la droite s’interroge sur le fait qu’Emmanuel Macron ait bénéficié d'« une mise à disposition gratuite » des grands salons de l’Hôtel de Ville de Lyon, le 2 juin 2016, « à des fins électorales et partisanes ». Et cela, avant même que « juridiquement, la campagne électorale des présidentielles était ouverte ». Montant de la prestation : 19.438 euros, au bas mot, selon le calcul des élus de droite

Enfin, les élus questionnent la justice sur l’utilisation des locaux du Grand Lyon à Paris. Ces locaux, situés rue de Villersexel, ont été utilisés pour accueillir une rencontre entre Emmanuel Macron et Alain Juppé le 1er mai. Soit quelques jours avant le second tour.

Si chacun sait que Gérard Collomb a joué un rôle prépondérant dans l'ascension, voire l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de France, il appartient désormais de savoir si mettre à disposition de son poulain, quelques moyens qui ne lui appartenaient pas en réalité. « Il apparaît justifié comme justifié le fait que le Procureur de la République engage immédiatement les opérations de vérifications et d’investigations qui s’imposent, face à la résistance mise par la Métropole de Lyon pour fournir des réponses sérieuses à des questions précises », concluent les élus.

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