«Baisse» des APL: Le gouvernement veut éviter une nouvelle polémique

SOCIAL La fondation Abbé-Pierre a relevé un gel des aides au logement dans le budget 2018, le gouvernement s’agace des «postures»…

R. G.-V. avec AFP

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Le gouvernement a baissé les APL de 5 euros  en 2017.
Le gouvernement a baissé les APL de 5 euros en 2017. — ALLILI MOURAD/SIPA

Politiquement chargé, le sujet des APL revient cette semaine dans le débat public, au grand agacement du gouvernement, alors que celui-ci met l’accent sur des mesures à connotation sociale autour du logement. La fondation Abbé-Pierre, spécialiste de la lutte contre les mauvaises conditions de logement, a relancé le débat en début de semaine.

Une polémique qui intervient un peu moins d’un an après la polémique sur la baisse de cinq euros de l’Aide personnalisée au logement, qui avait marqué les premiers temps du quinquennat d’Emmanuel Macron. L’organisation a pioché dans le budget 2018 pour en tirer une mesure largement passée inaperçue lors de son adoption à la fin de l’an dernier : elle annule pour cette année la revalorisation automatique des APL en fonction de l’évolution moyenne des loyers calculée par l’Insee.

Question d’interprétation

La fondation estime, sur la base du montant moyen des APL par foyer, que cette mesure représente un manque à gagner de près de cinq euros par ménage. Elle la met en perspective avec la baisse annoncée l’été dernier. Le directeur des études de la fondation, Manuel Domergue juge la mesure « encore plus injuste » que la baisse de cinq euros de l’an dernier. Une interprétation qui hérisse le gouvernement.

L’opposition de gauche en a vite profité, mardi. « C’est un scandale d’État », a déclaré le député communiste Sébastien Jumel à l’Assemblée nationale, tandis que la socialiste Valérie Rabault a rappelé que son camp avait « déjà dénoncé » la mesure lors de l’examen du budget l’an dernier.

Le sparadrap du gouvernement

Depuis un an, la question des aides est devenue un symbole politique plus ou moins voulu par l’exécutif : le Premier ministre, Edouard Philippe, avait jugé l’été dernier qu’il n’était « pas intelligent » de procéder à une telle baisse, la renvoyant aux décisions du précédent gouvernement et la qualifiant de « coup de rabot ». Reste que le président de la République, Emmanuel Macron, s’est lui-même ressaisi du sujet en mai, critiquant « ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL ».

Mardi, le premier concerné par la question au sein du gouvernement, le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard, n’a pas caché son agacement. « Il ne s’agit pas d’une baisse (…) mais tout simplement d’une non-augmentation. Je veux bien qu’on ressorte tous les trois ou six mois la question des cinq euros d’APL sous une forme ou une autre, mais que l’on compare avec ce qui est essentiel », a déclaré Jacques Mézard, citant notamment le gel des loyers en 2018 dans le logement social et dénonçant des « postures ».

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