Assemblée nationale: François Ruffin rabroue «le ministre de la Faïencerie» sur la vaisselle de l'Elysée

ASSIETTES Dans sa réponse, le porte-parole du gouvernement se justifie en affirmant que la vaisselle n'avait pas été changée depuis René Coty...

20 Minutes avec AFP

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François Ruffin, le 19 juin 2018 lors de la séance de questions à l'Assemblée.
François Ruffin, le 19 juin 2018 lors de la séance de questions à l'Assemblée. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Qui aurait pensé que la vaisselle de l’Elysée serait au programme des débats à l'Assemblée nationale ? C’est pourtant le nouveau service de table de l’Elysée qu’a défendu Benjamin Griveaux ce mardi face aux critiques du député François Ruffin. Les nouvelles assiettes de l’Elysée auraient coûté 500.000 euros.

Dans une question au « ministre de la Faïencerie », le député France insoumise de la Somme a mis en regard cette commande ne concernant « pas, à coup sûr, de vulgaires écuelles : il en coûterait, en effet, plus de 500.000 euros » - montant avancé par le Canard enchaîné - avec des propos présidentiels.

« Le même jour, ce mercredi toujours, le chef de l’Etat pestait : "On y met un pognon de dingue". Il ne songeait pas à sa vaisselle. Ni aux 93 milliards de bénéfices du CAC 40. Ni aux 47 milliards de dividendes versés aux actionnaires. Il évoquait les aides aux mères célibataires. Aux chômeurs multi-licenciés. Aux accidentés de l’emploi. Les pauvres coûtent trop cher », a ajouté François Ruffin.

La dernière commande datait de René Coty

Considérant que, pour le président, « quand on donne aux pauvres, c’est du gâchis. Quand on donne aux riches, c’est de l’in-ve-stis-se-ment », il a demandé : « Quelles nouvelles mesures comptez-vous prendre pour que tous nos amis fortunés puissent changer leur faïencerie ? »

« Je ne suis pas certain d’avoir saisi le sens profond de votre question, mais décidément vous avez du mal, ici, à ne pas faire votre cinéma », a répliqué le porte-parole du gouvernement, déclenchant des applaudissements dans la majorité. Sur le service de table commandé à la manufacture de Sèvres, Benjamin Griveaux a fait valoir qu'« une commande a été faite pour le changer dans sa totalité, cela n’avait pas été fait depuis le président René Coty​ » dans les années 1950.

« Il semblait indispensable de pouvoir recevoir dans les meilleures conditions les hôtes étrangers, afin de pouvoir les faire profiter dans les meilleures conditions de ce savoir-faire français. Et par ailleurs peut-être de permettre à la Manufacture de Sèvres et aux gens qui y travaillent de bénéficier de commandes de responsables étrangers qui, se délectant de plats avec un service au savoir-faire français, auraient demain vocation à le faire pour leur pays », a-t-il plaidé.