Droits de l’homme: La politique d’accueil des migrants de la France étrillée

IMMIGRATION La Commission nationale consultative des droits de l’Homme liste dans un avis les manquements, selon elle, de la politique du gouvernement en la matière…

20 Minutes avec AFP

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La CNCDH livre une véritable réquisitoire contre la politique du gouvernement.
La CNCDH livre une véritable réquisitoire contre la politique du gouvernement. — Thomas SAMSON / AFP

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) n’y va pas de main morte. Cette autorité morale s’est dite « profondément choquée » par les traitements des migrants à la frontière franco-italienne « où la République bafoue les droits fondamentaux », dans un avis révélé ce mardi par «La Croix».

Dénonçant « les violations des droits » des migrants et « les pratiques alarmantes observées sur ces deux zones frontalières », la Commission, dont l’avis est consultatif, estime que la puissance publique « renonce au principe d’humanité et se rend même complice de parcours mortels » dans cette zone.

Un avis répété

La CNCDH, autorité morale qui avait déjà rendu un avis très sévère en mai sur la politique migratoire du gouvernement, s’inquiète notamment de voir que les migrants, dont de nombreux mineurs, entreprennent « des parcours de plus en plus dangereux à travers les Alpes ».

Parmi ses griefs, le non-respect de la loi lors des refus d’entrée à la frontière, où les contrôles ont été rétablis en 2015. L’an dernier, quelque 50.000 « non-admissions » ont été prononcées aux points de passage.

La République « hors droit »

Pour la CNCDH la République française est « hors droit » en ne respectant pas plusieurs garanties légales, telles l’entretien approfondi, ou le délai d’un jour franc avant un éloignement. En matière de respect des procédures d’asile, elle relève que les autorités ont « indiqué qu’aucune demande d’asile n’avait été déposée à la frontière, ce qui ne peut qu’interroger ».

La Commission s’alarme aussi du sort de ces mineurs, dont elle recommande de « cesser tout renvoi immédiat » vers l’Italie. En matière d’accueil, elle rejoint les ONG en déplorant « l’inaction de l’Etat pour permettre un premier accueil digne » qui est « laissé à la seule générosité des citoyens, parfois même en opposition avec l’Etat ».

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