Sarkozy déclare sa flamme à Merkel et loue le couple franco-allemand

Avec agences

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Le président français Nicolas Sarkozy a rendu jeudi à Aix-la-Chapelle un hommage insistant à la chancelière allemande Angela Merkel, conçu comme une nouvelle démonstration publique de la bonne entente retrouvée entre les deux dirigeants.
Le président français Nicolas Sarkozy a rendu jeudi à Aix-la-Chapelle un hommage insistant à la chancelière allemande Angela Merkel, conçu comme une nouvelle démonstration publique de la bonne entente retrouvée entre les deux dirigeants. — Eric Feferberg AFP/Archives

On savait l'amour du chef de l'Etat pour les chanteurs de variéts français. On ignorait qu'il était fan des Rolling Stones. En tout cas, à écouter l'hommage que Nicolas Sarkozy a rendu jeudi à Aix-la-Chapelle à la chancelière allemande Angela Merkel, conçu comme une nouvelle démonstration publique de la bonne entente retrouvée entre les deux dirigeants, on se prend à trouver qu'il a dû réécouter «Angie», tube planétaire des Stones et surnom de la chancelière allemande. Tant les paroles «collent» au discours.

"Affection", "très grande amitié", "respect", "grande admiration"... En prononçant l'éloge de "Angela", lauréate 2008 du prix Charlemagne pour son engagement européen, "Nicolas" n'a pas lésiné sur les louanges afin de faire oublier les tensions qui ont agité la première année du nouveau couple franco-allemand.

20minutes de discours improvisé

"J'ai beaucoup d'admiration pour cette femme de l'Est qui s'est trouvée à la tête de 27 pays d'Europe et d'une Allemagne réunifiée", a déclaré le président français. "Qu'une jeune femme de derrière le Rideau de fer ait pu devenir une femme d'Etat à la tête d'une Europe réunifiée, en moins de trente ans, quel parcours! Le mérite t'en revient", a-t-il insisté.

En vingt minutes d'un discours largement improvisé, le chef de l'Etat français s'est appliqué à effacer toutes les traces des frictions qui l'ont récemment opposé à la chancelière, notamment autour du projet français d'Union pour la Méditerranée, finalement amendé sous la pression de Berlin.

Pique contre la presse

"La presse parle beaucoup de notre couple", a lancé Nicolas Sarkozy en s'adressant au mari de la chancelière, Joachim Sauer, rebaptisé pour l'occasion "M. Merkel", du nom de son premier époux. "Je voudrais lui dire de ne pas croire tout ce qui est écrit dans la presse: j'aime Angela Merkel beaucoup plus que ce qu'ils disent", a-t-il assuré.

"Angela et moi, on fait un couple harmonieux (...) c'est une femme que je respecte, une femme courageuse, c'est une femme intelligente et en douze mois, M. Merkel, Angela et moi nous nous sommes vus douze fois et, compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt à comparer nos agendas !", a-t-il poursuivi en faisant s'esclaffer la salle des Couronnements de la mairie d'Aix.

Sur un mode plus sérieux, le président a aussi tenu à souligner son attachement au couple franco-allemand, que certains ont considéré comme menacé par le rapprochement récent de Paris avec Washington et Londres. "On n'a pas le droit de laisser des malentendus ou des contradictions d'intérêts creuser un fossé qui est interdit entre l'Allemagne et la France", a-t-il dit.

Angela Merkel répond en français

"Je te remercie cher Nicolas de tout coeur pour tes si gentilles paroles", lui a répondu, dans un français un peu hésitant, la chancelière allemande. Avant de le féliciter à son tour pour avoir "replacé la France au coeur de l'Europe" après le "non" des Français au projet de Constitution européenne en 2005.

Artisan de l'adoption du traité de Lisbonne qui l'a remplacé, Nicolas Sarkozy a saisi l'occasion pour assurer son auditoire de la "ferveur de (son) engagement européen", à deux mois de prendre les rênes de l'UE.

"La France ne travaillera pas pour elle, elle travaillera pour l'Europe", a-t-il promis, avant de rappeler ses ambitions pour la présidence française. "L'Europe nous a apporté la paix, le progrès économique, maintenant il faut aller plus loin sur l'immigration et la défense commune".

Très en verve, Nicolas Sarkozy a également rendu hommage au parterre européen prestigieux réuni pour l'occasion, du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui "fait honneur à l'Europe", au président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Il a toutefois omis d'y associer le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, qu'il critique régulièrement pour sa politique de "l'euro fort".

Lauréat du prix Charlemagne en 1982, Juan Carlos d'Espagne s'est lui signalé par une bévue royale, saluant devant la foule ses "amis d'Aix-en-Provence"...