Emmanuel Macron à Montréal, le 07 juin 2018.
Emmanuel Macron à Montréal, le 07 juin 2018. — Jacques Witt/SIPA

NEGLIGEANCE

Comptes de campagne du candidat Macron: L'Elysée et la commission des comptes ne voient pas d'erreur

Face aux questionnements, l’Elysée et le président de la commission des comptes de campagne ont réagi à la suite de ces révélations…

Plus d’un an après la fin de la campagne présidentielle, de nouvelles informations de presse ont évoqué jeudi des avantages dont aurait profité le candidat Emmanuel Macron en 2017. L’Elysée et le président de la commission des comptes de campagne ont réagi à la suite de ces révélations.

« Les comptes de campagne du candidat Emmanuel Macron avaient été validés par les autorités compétentes en la matière », à savoir la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), a réagi l’Elysée. « Il y a en France des commissions compétentes et un juge qui ont déjà jugé les comptes de campagne », a déclaré jeudi le président de la République interrogé sur ce dossier lors d’une conférence de presse à Montréal.

Accusé de négligence, le président de la CNCCFP François Logerot a assuré qu’il « assume les décisions au nom du collège », sur Franceinfo ce vendredi. « Non je ne reconnais pas que la commission a failli », a-t-il ajouté.

Mélenchon veut voir le dossier en justice

La Commission avait déjà estimé, début mai, que les premières remises obtenues par l’équipe du futur président auprès de prestataires de services étaient « acceptables » et ne constituaient « pas des participations illicites au financement » de cette campagne. De son côté, Christophe Castaner a expliqué avoir « dû négocier les prix les plus bas » lors de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, le délégué général de La République en marche niant toute « irrégularité » ou « anomalie » dans les comptes.

Mais l’opposition s’est déjà emparée de ces nouvelles révélations. Les Républicains (LR) ont annoncé qu’ils allaient « saisir officiellement » la CNCCFP pour lui demander de « retirer » sa décision de validation des comptes afin de pouvoir les « réexaminer ».

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a jugé qu’il serait « sain et utile » que « les comptes de campagne de Macron soient mis en cause devant la justice », plutôt que cette dernière s’intéresse aux « délires sur [son propre] compte de campagne », au sujet desquels le parquet de Paris a ouvert une enquête pour procéder à des « vérifications ».

« Culture sympathique »

Même opinion pour le Rassemblement national de Marine Le Pen, qui estime qu'« il en va de la crédibilité de la CNCCFP ».

Au contraire, pour François Bayrou, allié d’Emmanuel Macron, il s’agit d’une « polémique totalement infondée ». « Ça ne me dérange pas du tout qu’on marchande », a plaidé l’ex-garde des Sceaux, qualifiant cette pratique de « culture sympathique ».

Mais pour Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, les comptes de campagne d’Emmanuel Macron « ont été ceux, parmi les grands candidats, les moins réformés, puisqu’il y a 120.000 euros de réformation [correction dans les comptes] ». Il a rappelé, sur France Inter, que Jean-Luc Mélenchon avait « eu 450.000 euros de réformation » et Marine Le Pen « 870.000 euros ».

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