Les dépenses sociales ne baisseront pas de 7 milliards d'euros, jure Philippe

POLITIQUE Le Premier ministre assure que l'information du «Canard Enchaîné» est «une ânerie»...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, Premier ministre.
Edouard Philippe, Premier ministre. — C.Platiau / AFP

Il est catégorique. Edouard Philippe a démenti jeudi toute velléité de l’exécutif de réduire de 7 milliards d’euros les dépenses sociales, qualifiant d'« ânerie » un article en ce sens du Canard enchaîné.

« Vous avez cité vous-mêmes l’hebdomadaire satirique auquel on est tous probablement très attachés. Ça prouve qu’un volatile peut dire des âneries », a déclaré le Premier ministre, interrogé sur ce point par LCI.

« Pas d’économies sur les plus vulnérables »

Selon le Canard, Matignon et l’Elysée veulent imposer à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn une coupe de sept milliards d’euros en deux ans sur les aides sociales. « Personne ne m’a demandé de trouver sept milliards d’euros », a répondu mercredi Agnès Buzyn pour laquelle il n’est « pas question de faire des économies sur les plus vulnérables ».

« Nous ne nous posons pas la question de savoir s’il faudrait réduire de tant, ou augmenter de tant, les aides sociales », a expliqué jeudi Edouard Philippe. « Mon sentiment, c’est que le système auquel les Français sont attachés (…) ne fonctionne pas bien » et « les Français le savent parfaitement ». « Plutôt que de me poser la question et d’entrer dans cette réflexion avec un objectif budgétaire, de rabot (…) je me pose la question de savoir comment on peut passer à une logique où on donne des droits et on distribue de l’argent à une logique où on accompagne individuellement les personnes et où on investit dans leurs compétences pour qu’ils retrouvent une activité ou un emploi ». « C’est une question mille fois plus intéressante », a-t-il jugé.

Débat sur la prime d’activité

Interrogé sur la prime d’activité, Edouard Philippe a rappelé qu’Emmanuel Macron s’était « engagé à revaloriser cette prime ». « Mais on peut se poser la question de savoir si, par exemple, le maintien de cette prime sur une durée de temps infinie a du sens, s’il ne faut pas, par exemple, donner plus au moment où on revient au travail et faire en sorte que, cinq ans, sept ans après, on puisse revenir à la normale ».

« Toutes ces questions méritent d’être posées, non pas par le biais du combien (…) mais du ''est-ce que ça permet d’obtenir l’effet qu’on recherche ?'' ». « Même chose sur le RSA, sur toutes les aides sociales, sur toutes les aides aux entreprises ». « La qualité du débat public s’en trouvera considérablement accrue », a-t-il conclu.