Pluie, PS, Jupiter.... On vous raconte le dernier spectacle de François Hollande

POLITIQUE L'ancien chef de l'Etat a fait le bilan de son quinquenat ce jeudi soir...

Thibaut Le Gal

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François Hollande
François Hollande — UGO AMEZ/SIPA

Ce n’était pas du stand up. Non, « monsieur petites blagues » était assis. François Hollande était l’invité de la Fondation Jean-Jaurès pour dresser « l’inventaire » de son quinquennat ce jeudi soir.

Quelques minutes avant son arrivée à la Maison de la Chimie, on se marche dessus pour dénicher les meilleures places. Le public, des convaincus, est venu écouter l’ancien chef de l’Etat, « en tournée » pour le lancement de son livre. Tous sont là aussi pour apprécier les « petites phrases » humoristiques que l’ex-président socialiste multiplie comme les petits pains. En préambule, l’historien Alain Bergounioux tente de détendre les impatients avec cette formule : « Chers amis… Je n’ose pas dire "chers camarades" dans la période où nous sommes mais quand même, le cœur y est ».

On le sait, les premières parties sont rarement réussies. Présenté avec bienveillance (c’est le ton de la soirée), François Hollande répond ensuite aux questions de ses interlocuteurs et distille avec un sourire à peine dissimulé ses formules humoristiques. On vous offre le meilleur du spectacle.

Sur le discours du Bourget :

« Je le relis, non pas chaque jour, j’ai quand même heureusement d’autres lectures. Et si j’ai fait un livre, ce n’est pas simplement pour me lire moi-même. J’en ai terminé, si tant est que j’ai commencé, avec le narcissisme ».

Le Parti socialiste et l’Europe :

« Les eurobéats. Il y en a finalement assez peu au Parti Socialiste. Enfin, il y a peu de monde au Parti socialiste, c’est bien le problème ».

Le quinquennat Sarkozy

« Je sais parfaitement que nous aurions à mettre de l’ordre dans les comptes publics [en arrivant au pouvoir]. Ai-je besoin de dire qu’ils étaient dégradés ? Bah si, je vais le dire : ils étaient dégradés ».

La droite, la gauche :

« Il y a tant d’espérance pour la gauche. Ce n’est pas le cas pour la droite, si ce n’est qu’on craint le pire et donc on n’est jamais déçus. Alors que de la gauche on espère toujours le meilleur et parfois on peut être aussi déçus ».

Sur la pluie :

« On a beaucoup parlé de la pluie pendant mon quinquennat, elle ne m’a guère affecté. Mais la seule pluie qui m’a touché, c’est la pluie des plans sociaux qui se sont abattus à partir du mois de mai ».

Son succès en librairie :

« Les Français je les rencontre beaucoup en ce moment, pas tous… J’imagine que ceux qui viennent me voir dans ces séances dédicaces, sont ceux qui m’aiment bien. Donc je ne fais pas de sondage, car il y en a de très nombreux qui ne viennent pas me voir ».

La croissance et l’Europe :

« Quand la croissance est faible, en France, on accuse le gouvernement. Quand la croissance reprend, on remercie l’Europe. C’est très étrange ».

Macron et Jupiter

« J’ai présidé humainement la France […] Le plus difficile dans la fonction présidentielle, quel que soit son titulaire, c’est de ne pas s’isoler ou s’éloigner, et de se mettre tellement haut que plus personne ne vous voit ».

La reprise économique :

« Pour un président élu sur cinq ans, mieux vaut ne pas faire de politique de l’offre, car les résultats arrivent un peu tard. Souvent, on me dit, "sur un septennat, vous auriez été réélu !" Ah oui, mais c’était un quinquennat, pas de chance ! »

Courbe du chômage :

« J’ai espéré, c’est vrai, que l’inversion de la courbe du chômage arrive plus tôt. Pas pour des raisons personnelles, encore que… »

Les jeunes :

« Vous me dites, ce n’est sans doute pas faux, les jeunes ne m’ont pas manifesté un soutien excessif durant mon quinquennat. Je ne vais pas les accuser, les autres non plus ».

Les frondeurs :

« On me dit "pourquoi vous n’avez pas exclu les frondeurs ?" Certains vont même plus loin. "Pourquoi vous n’avez pas dissous les frondeurs ?" Dissous, au sens politique du terme hein… Je n’ai jamais employé ces moyens-là… »

Alliance avec Mélenchon :

« Mélenchon veut la disparition de la gauche du gouvernement. Dire qu’il faut aller avec ceux qui veulent votre disparition, alors là je veux donner un conseil pour les générations futures : il est rare que la poule aille vers son destin qui est qu’on lui coupe la tête ».