Comptes de campagne: La Commission serait passée à côté de rabais accordés à Emmanuel Macron

BUDGET FranceInfo révèle ce jeudi de nouvelles ristournes dont aurait bénéficié le candidat Emmanuel Macron pendant la course à l’Elysée…

F.F.

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Emmanuel Macron and his wife Brigitte being pictured public meeting of his political movement "En Marche" at La Maison de la Mutualite in Paris on July 12, 2016.//LICHTFELD_erez715.034/Credit:EREZ/SIPA/1607130747
Emmanuel Macron and his wife Brigitte being pictured public meeting of his political movement "En Marche" at La Maison de la Mutualite in Paris on July 12, 2016.//LICHTFELD_erez715.034/Credit:EREZ/SIPA/1607130747 — SIPA

Les révélations continuent sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron. Après Mediapart et Le Monde, c'est au tour de FranceInfo de publier ce jeudi une enquête révélant les prix cassés dont aurait bénéficié le candidat d’En Marche ! pendant la course à l’Elysée. Des ristournes pouvant aller jusqu’à -75 % sur la location des salles de meeting qui n’ont pas empêché la Commission des comptes de campagne (CNCCFP) de déclarer ces remises « normales et irrégulières ». Pour FranceInfo, certains de ces rabais ont tout simplement échappé à la CNCCFP.

Pourtant, le code électoral interdit aux personnes morales de participer au financement de la campagne d’un candidat sous forme de don, de biens, de services ou d'« autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux habituellement pratiqués ».

Moins 75 % sur certaines salles

Parmi les exemples de prix cassés dont aurait bénéficié Emmanuel Macron cité par le site de la radio, on trouve au premier rang la location des théâtres parisiens Antoine et Bobino, tous deux détenus par Jean-Marc Dumontet, qui s’est publiquement engagé en faveur du candidat d’En Marche ! Celui-ci aurait donc payé 3.000 euros chaque location, au lieu de 13.000 euros… soit une remise de 75 % par rapport aux prix annoncés par téléphone à FranceInfo. La radio note également que les factures de la société de Jean-Marc Dumontet, JMD Prod, sont « étonnamment succinctes », sans aucune mention de l’éclairage, ou bien de la sécurité incendie qui constituent des prestations obligatoires.

Autre exemple des prix défiant toute concurrence pratiqués pour Emmanuel Macron, la location de la Bellevilloise, dans le nord de Paris. Alors que le candidat socialiste Benoît Hamon se voyait facturer 4.838,40 euros, le candidat d’En Marche lui, aurait payé 1.200 euros, packs son et vidéo compris (prestation qui n’aurait pas été proposée au socialiste d’après FranceInfo). Même chose à la Mutualité, salle appréciée des politiques. Idem pour la Plateforme, une péniche amarrée sur le Rhône louée pour la somme de 996 euros par Gérard Collomb, maire et président de l’agglomération lyonnaise, pour un rassemblement.

Mediapart et Le Monde avaient de leur côté déjà révélé qu’Emmanuel Macron avait bénéficié de grosses ristournes de la part d’une autre société d’événementiel : Eurydice. Interrogée par la CNCCFP sur les rabais accordés, l’entreprise a indiqué que « ces pratiques sont habituelles et ont pour objectif de fidéliser le client ». Des arguments repris peu ou prou par les autres sociétés mentionnées, qui estiment la plupart du temps qu’il ne s’agit en aucun cas d’avantages directs fournis à Emmanuel Macron, mais que l’entourage du candidat d’En Marche a tout simplement mieux négocié les prix que les autres partis. De son côté, le parti du président n’a pas souhaité répondre aux questions posées par FranceInfo, renvoyant le média vers la CNCCFP.