Le Front national devient officiellement «Rassemblement national», après un vote des militants

PARTI Cette nouvelle appellation, proposée par la présidente Marine Le Pen au congrès de mars, est censée être le point d’orgue de la refondation du parti...

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen à Paris, le 23 mai 2018.
Marine Le Pen à Paris, le 23 mai 2018. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le FN est mort, vive le RN. Le Front national est devenu ce vendredi soir le « Rassemblement national » sans pour autant abandonner la flamme de son logo, gage de ralliement des militants rétifs à ce changement de nom et reflet d’une ligne plus identitaire depuis l’échec à la présidentielle.

« Hommage au Front national, vive le Rassemblement national », a lancé la présidente du parti. Les militants, dont près de la moitié étaient rétifs au principe d’un changement d’appellation, ont voté en faveur de ce nom à 80,81 % avec une participation de 53 %, a-t-elle précisé. Le FN perd son appellation historique qui date de sa création en 1972, mais garde une flamme bleu blanc rouge désormais entourée d’un cercle.

La nouvelle appellation, proposée par la présidente Marine Le Pen au congrès de mars, est censée être le point d’orgue de la refondation d’un parti débarrassé de son passé raciste et antisémite et désireux de trouver des alliés pour gagner. Mais les alliances tardent à voir le jour et la dédiabolisation est loin d’être achevée.

Les résultats annoncés vendredi soir à Lyon

Consultés par courrier depuis le 9 mai, les militants du FN devraient adopter sans surprise le nouveau nom proposé par leur cheffe, qui annoncera les résultats du vote à Lyon ce vendredi soir, à l’issue d’un conseil national (parlement) élargi du parti.

Les militants étaient très partagés sur le principe d’un changement d’appellation, mais au congrès des 10 et 11 mars à Lille, « ils ont été rassurés parce qu’on garde la flamme et le mot « national » », explique un cadre du FN. « C’est le changement dans la continuité », renchérit le député du Nord Sébastien Chenu.

Le RN gardera l’emblème de la flamme

Pour Marine Le Pen, la référence c’est le groupe parlementaire frontiste entre 1986 et 1988 appelé « Front national-Rassemblement national », qui comptait plusieurs députés de la droite classique. Le RN gardera l’emblème de la flamme, calque du logo du parti néofasciste italien Mouvement Social Italien (MSI), aujourd’hui disparu, dont s’est inspiré politiquement le FN à ses débuts et qui l’a aidé financièrement, rappelle l’historienne Valérie Igounet.

De quoi rallier les 48 % de récalcitrants qui avaient exprimé, dans un questionnaire à l’automne, leur opposition à un changement de nom. Une très large majorité de militants s’étaient en revanche dits attachés à la flamme, « identification » au parti et symbole des « combats » menés, disent les militants​. « Ça a toujours été le dilemme du parti, essayer de s’ouvrir à la droite classique et, en même temps, garder le symbole d’un FN qui n’est pas encore éteint », explique Valérie Igounet.

Un changement de nom synonyme de « trahison » pour Jean-Marie Le Pen

Et parmi les déçus figure le cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen. Le père de l’actuelle cheffe de file frontiste a fustigé le changement du nom du Front national, une « trahison » et un « honteux effacement de son identité ».

« L’honteux effacement de son identité est le coup le plus rude que le Front National ait jamais reçu depuis sa fondation », a affirmé le cofondateur du FN dans un communiqué.

« Plus qu’une étiquette, c’est aussi une longue et courageuse histoire militante que l’on renie » s’est insurgé M. Le Pen, condamnant « les inspirateurs comme les exécutants » de cette décision.

Pour le député européen, « rien de bon ne saurait naître d’un tel abandon, ni pour le mouvement lui-même, ni pour le service des Français ». « Seuls les adversaires et les concurrents tireront bénéfice de cette trahison » a-t-il conclu.