Assemblée nationale: Qui est Jean-Luc Reitzer, l'élu qui suggère de «payer mieux les députés»?

PORTRAIT Les propos du député de la 3e circonscription du Haut-Rhin sur le contrôle et la rémunération des parlementaires font polémique…

Alexia Ighirri

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Assemblée nationale: Qui est Jean-Luc Reitzer, l'élu qui suggère de «payer mieux les députés»?
Assemblée nationale: Qui est Jean-Luc Reitzer, l'élu qui suggère de «payer mieux les députés»? — Capture d'écran / La chaîne parlementaire / Dailymotion.
  • Avec sa sortie sur le contrôle et la rémunération des députés, certains ont découvert Jean-Luc Reitzer. Pourtant le député Les Républicains de la 3e circonscription du Haut-Rhin est un habitué de l’Assemblée nationale.
  • L’ancien maire d’Altkirch, 67 ans, est l’un des plus anciens députés : dans les rangs de l’Assemblée nationale depuis 1988. Il a été élu à 55 % en juin 2017 pour un septième mandat.
  • Jean-Luc Reitzer avait déjà fait parler de lui, à son insu, au moment de l’affaire Pénélope Fillon, puisqu’il embauchait sa femme et son fils comme collaborateur parlementaire.

En quelques heures, ses propos ont été largement diffusés, partagés et commentés. Avec sa sortie sur le contrôle et la rémunération des députés, certains ont sans doute découvert Jean-Luc Reitzer. Pourtant le député Les Républicains de la troisième circonscription du Haut-Rhin – injoignable ce vendredi, son secrétariat indique que l’élu « est actuellement en mission parlementaire » – est un habitué du Palais-Bourbon.

L’ancien maire d’Altkirch, 67 ans, est l’un des plus anciens députés : dans les rangs de l’Assemblée nationale depuis 1988, il a été élu à 55% en juin 2017 pour un septième mandat.

Il choisit son mandat de député à celui de maire

En 2017, en raison de la règle du non-cumul des mandats, il choisit l’Assemblée nationale et rend son écharpe de maire. Il en était le premier magistrat depuis 1983, chaque fois facilement réélu. Alors évidemment, dans cette commune de près de 6.000 habitants dans le sud de l’Alsace, le comportement de l’ancien maire étonne. « Je crois qu’il essayait de défendre la fonction parlementaire, qu’il voit changer. Jean-Luc est un vrai homme politique, qui a consacré sa vie à faire ça », juge un conseiller municipal altkirchois qui a travaillé avec Jean-Luc Reitzer pendant plusieurs années, impressionné par « son mental, son énergie, sa capacité à être partout et à tenir sur la durée ».

Attaché au territoire du sud de l’Alsace – il est président bénévole de l’association Sundgau Carpes Frites, spécialité culinaire locale, et intervient notamment sur des problématiques transfrontalières –, il porte aussi un grand intérêt aux problématiques internationales. Membre de la commission des affaires étrangères, il est par exemple le président du groupe d’amitié France-Amérique centrale et membre d’une douzaine d’autres groupes de ce type.

Jean-Luc Reitzer ou le travail en famille

Dans ses propos qui ont suscité la polémique ces dernières heures, le député affirmait avoir « le sentiment qu’on a déjà beaucoup de contrôle » avant d’ajouter « enfin moi, je ne m’en occupe pas, c’est mon épouse qui fait tout ». Ce qu’assumait déjà Michèle Reitzer dans un article de l'Alsace : « J’ai décidé d’arrêter de travailler. Je voyais bien qu’il était pris du matin au soir, avec des réunions tardives. Ça aurait été difficile si j’avais travaillé en plus. […] Je suis là pour assumer l’intendance. »

C’est par ailleurs pour son travail en famille que le nom de Jean-Luc Reitzer avait été une précédente fois évoqué dans les médias. Lorsqu'avec l'affaire Pénélope Fillon, des exemples de parlementaires qui embauchaient leur femme ou enfant étaient cités. Comme indiqué dans sa déclaration d'intérêt et d'activités 2017, le député haut-rhinois embauchait son épouse à temps partiel et son fils à temps plein comme collaborateurs parlementaires. Avant cela, de 2008 à 2013, c’est sa fille qui avait été embauchée comme collaboratrice, avant que cette dernière ne rejoigne le cabinet de la présidence du conseil régional. Suite à la loi sur la moralisation de la vie publique, interdisant entre autres les emplois familiaux, Charles-Emmanuel et Michèle Reitzer ont quitté leur poste.