Budget annulé de la région Auvergne-Rhône-Alpes: «Cela montre l'incapacité de Laurent Wauquiez à diriger une région», souligne l'opposition

POLITIQUE Cette décision avant tout symbolique ne changera rien...sauf dans les esprits des détracteurs de Laurent Wauquiez...

Caroline Girardon

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La justice a annulé le budget 2016 de la région Auvergne-Rhône-Alpes, proposé par Laurent Wauquiez
La justice a annulé le budget 2016 de la région Auvergne-Rhône-Alpes, proposé par Laurent Wauquiez — SIPA
  • Le tribunal administratif de Lyon annulé mardi le budget 2016 de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Une décision avant tout symbolique. Le budget ayant été exécuté et le compte administratif voté, il n’y aura donc aucune conséquence immédiate.
  • L’opposition tire à boulets rouges sur Laurent Wauquiez, décrié pour ses méthodes.

Une « énième gifle juridique ». Mardi, le tribunal administratif de Lyon a annulé le budget 2016 de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une première. Mais cette décision reste avant tout symbolique. Le budget ayant été exécuté et le compte administratif voté, il n’y aura donc aucune conséquence immédiate. Si ce n’est de désavouer encore plus Laurent Wauquiez à la tête de la région, selon ses détracteurs.

En avril 2016, les écologistes avaient saisi la justice, estimant qu’ils n’avaient pas assez d’informations sur l’enveloppe de 4,7 millions d’euros que la région comptait allouer au projet Center Parcs de Roybon. Le tribunal leur a donné raison, relevant l’absence de « précisions sur la répartition prévue et la nature des dépenses envisagées ». Deux conditions « indispensable pour permettre un vote utile du budget par chapitre ».

« Cela montre son incapacité à diriger une région »

Depuis deux ans, les élus d’opposition s’insurgent régulièrement contre les méthodes de l’homme fort de la droite. « Cela montre son incapacité à diriger une région », souligne Anne-Sophie Condemine, porte-parole du groupe socialiste au sein du conseil régional. « L’opposition est muselée. Elle n’a guère la possibilité de parler. En général, il nous coupe la parole au bout d’une minute trente. Ce n’est pas faute de l’avoir prévenu que nous manquions de précisions », ajoute-t-elle, précisant que les groupes d’opposition avaient quitté l’hémicycle le jour du vote en guise de protestation.

« Laurent Wauquiez savait très bien qu’il bafouait les règles démocratiques élémentaires. La question est désormais de savoir s’il peut rester président de région », s’interroge Olivier Véran, député de la LREM dans l’Isère.

« Il n’est pas souvent présent, trop occupé par la politique nationale. Il faut toujours que les choses se fassent rapidement. En tant que conseillers, nous n’avons pas les moyens ni le temps de nous pencher sur les dossiers que nous découvrons souvent la veille du vote », poursuit Anne-Sophie Condemine.

« Depuis des décennies, les Verts instrumentalisent la justice à des fins politiques »

Mais pour Etienne Blanc, premier vice-président LR de la région, Laurent Wauquiez serait victime d’un acharnement. « Depuis des décennies, les Verts instrumentalisent la justice à des fins politiques. Cela ne sert à rien sur le fond à part, à faire parler d’eux et créer le buzz », attaque-t-il. Et d’étayer : « Ils décident de saisir les tribunaux à tort et à travers. Sur le dossier de Roybon, qui concernait un millième du budget, ils nous ont envoyé un courrier comportant 33 questions. On a répondu à l’essentiel ».

L’élu reconnaît toutefois avoir « mal répondu ». « On a manqué de précisions mais on ne pouvait pas encore savoir à quoi serait utilisé cet argent puisqu’il s’agit un projet encore non réalisé. Il faut arrêter d’être schizophrènes. Les Verts savent utiliser un dossier et le monter au pinacle ».

Quatre défaites juridiques

« Si le président de région ne peut pas justifier d’une somme pareille, qui peut le faire ? » s’interroge Anne-Sophie Condemine pour laquelle les écologistes servent de bouc émissaire ». « La réalité c’est que l’ensemble des groupes d’oppositions a déjà intenté des recours en justice. Ce n’est pas par plaisir. Mais lorsqu’il y a un déni de démocratie, les habitants ont le droit d’en être informés ».

La justice avait déjà désavoué à trois reprises Laurent Wauquiez : sur la clause Molière, attaquée en justice par le PS. Mais aussi en ordonnant d’accorder un siège supplémentaire au FN au sein de la région au détriment des Républicains.