L'exécutif baissera-t-il les aides sociales en cas de recul du chômage?

EMPLOI Une idée qui ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité…

C. Ape.

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Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, le 29 mars 2018.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, le 29 mars 2018. — YANN BOHAC/SIPA

L’exécutif veut-il s’en prendre aux aides sociales ? C’est ce qu’à laisser entendre dimanche le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, déclenchant la colère de certains membres de l’opposition mais aussi de la majorité.

Invité du Grand rendez-vous d'Europe 1 et CNews, Bruno Le Maire a avancé qu'« à partir du moment où nous réussissons à créer des emplois dans le secteur privé, il peut être légitime de réduire la politique sociale sur l’emploi ».

« Ce sont des méthodes de voyous »

Une déclaration qui a notamment provoqué la colère du député de La France insoumise Alexis Corbière. « Ce sont des méthodes de voyous. Tout ce qu’il raconte à l’heure actuelle vise à raboter les aides sociales, à supprimer de la solidarité. Il n’y a pas trop de solidarité dans ce pays, il n’y en a pas assez ! », a-t-il estimé.

Le porte-parole du Front national, Sébastien Chenu, a lui lancé au micro de France Info : « Je suis effondré de ce que j’ai entendu par Bruno Le Maire qui, benoîtement, vient nous dire que les gens qui ont le plus besoin d’être soutenus par l’effort de solidarité national, on va leur dire : "Serrez-vous davantage la ceinture". Et de l’autre côté, il y a 700 personnes en France qui bénéficient de l'"exit tax". »

C’est une « mauvaise idée »

Du côté des députés La République en marche, l’idée est loin de faire l’unanimité. C’est une « mauvaise idée », a taclé Brigitte Bourguignon, présidente de la commission des affaires sociales.

Ce message, le député La République en marche Jean-Baptiste Djebbari ne le « partage pas tout à fait », a-t-il confié lundi sur France Info. « Le prisme ne peut pas être que financier ou économique, il doit être celui de la justice sociale et c’est ce que nous nous emploierons à faire dans le cadre de la loi de finances de l’année prochaine. »