Strasbourg: La ministre de la culture Françoise Nyssen veut éduquer les jeunes contre les fake news

UN AN DE PRESIDENCE MACRON A l’occasion d’une vaste opération de communication en région menée par le gouvernement, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a participé à une rencontre dans les locaux de la chaîne Franco-Allemande Arte sur la problématique des fausses informations et l’expérimentation du Pass culture….

Gilles Varela

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18052018. Str. La ministre de la culture Françoise Nyssen et le député Bruno Studer. Strasbourg le 18 mai 2018. Lancer le diaporama
18052018. Str. La ministre de la culture Françoise Nyssen et le député Bruno Studer. Strasbourg le 18 mai 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Après un an de présidence Macron, les ministres viennent en région à la rencontre des Français depuis jeudi.
  • La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a tenu une réunion publique ce vendredi dans les locaux de la chaîne ARTE.
  • Au programme, les fake-news et l'expérimentation du Pass culture.

C’est devant une assistance calme est disciplinée que la ministre de la culture, Françoise Nyssen, a fait « sa rencontre » avec les Strasbourgeois. Un moment qui s’inscrit dans une vaste opération de communication en région menée par le gouvernement depuis jeudi et qui a mis à contribution plusieurs ministres dans différentes villes à l’occasion des un an de présidence Macron. Dans les magnifiques locaux de la chaîne Franco-Allemande Arte, tout un symbole, la ministre est venue échanger avec près de 80 personnes sur deux thématiques : à savoir les fausses informations dans le débat politique, un dossier dont « s’est saisi très rapidement le gouvernement » a rappelé Bruno Studer, le député (LREM) rapporteur de la proposition de loi sur les fake news, et le Pass culture. Un Pass favorisant l’accès à la culture pour tous les jeunes de 18 ans avec un avoir de 500 euros. Un dispositif présenté quelques heures auparavant à une soixantaine de jeunes de l’Eurométropole qui vont expérimenter cette application.

Pas d’intermittents du spectacle à l’horizon, pas d’hurluberlu et de poudre de perlimpinpin non plus. La ministre a pu dérouler son programme et ses intentions sans anicroche, devant un public presque acquis à sa cause, les militants ayant reçu d’ailleurs une invitation quelques jours avant l’ouverture officielle des inscriptions. Il y avait bien quelques personnes venues par simple curiosité, d’autres pour proposer, des jeunes intéressés par le Pass culture… Il y a bien eu aussi cet opticien, décidé à interpeller la ministre sur les problèmes de sa profession. Il n’a finalement pas pris la parole et le convoi ministériel n’a pas tangué d’un pouce. Il faut dire que l’ambiance studieuse, par moments même révérencielle, ne favorisait pas le hors-piste et l’opticien a fini par perdre de vue la rencontre.

La sensibilisation, l’éducation aux médias et la culture

Quoi qu’il en soit, Françoise Nyssen n’a pas cessé d’établir habilement des passerelles entre les deux sujets du jour. Le Pass culture et les fakes news. Persuadée que « c’est en instruisant les plus jeunes, en leur apprenant à analyser les informations qui leur arrivent de tout bord, notamment via les réseaux sociaux, que l’on parviendra à mettre un terme aux fausses informations. » Mais aussi en permettant l’accès à la culture au plus grand nombre et notamment les plus défavorisés, les plus isolés, et donc au final les moins armés contre les fake news. « Nous avons en France une proposition culturelle absolument extraordinaire, mais le combat est de comprendre que l’accès à la culture n’est pas le même pour tous, pour des raisons économiques, sociologiques, géographiques, psychologiques, assure la ministre. Nous concentrons donc toute notre bataille sur cette ségrégation culturelle, pour une émancipation par la culture, de la pratique de l’éducation artistique et culturelle qui doit être possible dès le plus jeune âge ». L’occasion aussi pour Bruno Studer de souligner que l’éducation aux médias, « c’est un combat de plusieurs années, pour acquérir certains réflexes » avant d’annoncer sur le ton de la plaisanterie espérer qu’un jour « le premier avril soit le jour de la fête nationale de la lutte contre la désinformation. Car finalement, le réflexe que l’on a ce jour-là, c’est de se dire "est-ce que cette information est vraie" ? » (rires dans l’assemblée).

Si les échanges sur les limites entre la liberté d’expression et fausse information ont également été évoquées (mais peu), Bruno Studer, qui formait un véritable tandem avec la ministre, a rappelé que c’était bien là une limite. « Certains reprochent à cette loi de ne pas être à 100 % efficace. Oui, car ce qui est en jeu, c’est la liberté d’expression et nous voulons la protéger, c’est fondamental. » La loi devrait être étudiée en juin et sa première application pourrait concerner la campagne des élections européennes de 2019.