VIDEO. «L'Emission politique»: Ce qu'il faut retenir des entretiens avec les responsables politiques

BILAN Christophe Castaner, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure ont répondu tour à tour aux questions de Léa Salamé…

T.L.G.

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L'Emission politique
L'Emission politique — Philippe LOPEZ / AFP

Comme prévu, Emmanuel Macron était dans toutes les bouches ce jeudi soir. Pour la dernière de L’Emission politique de la saison, France 2 a invité les responsables des cinq principales formations politiques. Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Marine Le Pen ont répondu, dans cet ordre, aux questions de Léa Salamé. 20 Minutes vous résume ce qu’il faut en retenir.

Jean-Luc Mélenchon : des ciseaux et de l’écologie

Le patron de La France insoumise avait rapporté avec lui une paire de ciseaux pour illustrer la politique d’Emmanuel Macron. « Le monarque républicain n’a pas un sceptre, il a une paire de ciseaux. Il est le président des riches qui coupe dans les budgets de l’Etat, dans l’histoire sociale de la France, dans les budgets des pauvres gens. Il coupe, il coupe, il réduit… »

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau appelé à une manifestation unitaire le 26 mai prochain. « Il faut obliger le président à revenir sur la suppression du statut des cheminots et la privatisation de la SNCF », a-t-il déclaré, évoquant également la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires.

Le leader insoumis a eu des mots plus doux pour Nicolas Hulot… pour mieux fustiger la politique environnementale de l’exécutif. « Ce sont des écolos de comédie ! », citant les « 17 réacteurs qui arrivent en fin de vie », le glyphosate ou le CETA.

Laurent Wauquiez : pouvoir d’achat et terrorisme

« Il y a une remontada qui reste à écrire, c’est bien ce que je suis en train de faire ». Laurent Wauquiez a pilonné Emmanuel Macron sur ses axes de prédilection. D’abord, la baisse du pouvoir d’achat, notamment des retraités et des classes moyennes. « Cette année s’ouvre par des impôts qui ont considérablement augmenté. Comme il n’y a pas d’économie sur la dépense publique, Emmanuel Macron est obligé de prendre dans la poche des Français », a-t-il lâché, citant aussi la taxe sur l’essence, les APL, ou la politique familiale.

Autre angle d’attaque, le terrorisme. « Il n’y a pas de solution miracle, mais le fait de ne prendre aucune mesure nous condamne à continuer à subir les attentats. Aujourd’hui, les Français ne sont pas protégés ». Le patron des Républicains a mis en avant ses mesures : l’expulsion des étrangers « les plus radicalisés », l’adoption d’un délit d’incitation à la haine de la France, la fermeture des mosquées salafistes, et l’internement administratif pour les fichés S les plus dangereux.

Christophe Castaner : « Il n’y aura aucun impôt nouveau créé »

Le délégué général de La République en Marche est arrivé avec un grand sourire et son carnet sur le plateau. « Je prends des notes chaque fois que je rencontre les Français et je les fais remonter pour apporter des réponses concrètes. Je suis cette vigie du réel ».

« Il n’y aura aucun impôt nouveau créé », a indiqué par ailleurs Christophe Castaner. Mais le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement a plaidé au pour le maintien de la taxe d’habitation pour les résidences secondaires, alors que l’impôt doit être supprimé totalement d’ici à 2021.

Interrogé sur les attaques terroristes, le patron de La République en marche a répondu : « J’assume parfaitement de parler de l’islamisme radical qui a abouti à ce geste de folie », mais prévenu qu’il ne fallait pas pour autant faire d’amalgame avec l’ensemble des musulmans.

Olivier Faure : « Parler de ceux qui n’ont pas pesé lourd sur la balance »

Le Premier secrétaire du Parti socialiste est arrivé sur le plateau avec une balance. « Il y a un an, le candidat Macron disait qu’il allait être le candidat du « en même temps ». Mais maintenant, ces plateaux ne sont plus équilibrés », a-t-il précisé, citant l’ISF, la flat tax, et l’amnistie pour les exilés fiscaux. « Ce soir je suis venu vous parler de l’autre plateau, ceux qui n’ont pas pesé lourd sur la balance. Les retraités, les étudiants, les fonctionnaires, les malades, les locataires ».

Très critique à l’endroit du président, Olivier Faure a indiqué que le PS ne participerait pas à la marche du 26 mai lancée par les Insoumis. « Il y a un moment social qu’il faut respecter. A trop faire craindre le risque de récupération, on affaiblit le mouvement social […] J’assume parfaitement de ne pas être d’accord avec tout ce que dit Benoît Hamon, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon ».

Marine Le Pen : immigration et Europe

Dans la main de la patronne du FN, une petite plante méconnue, la Tillandsia : « C’est une espèce très rare de plante sans racine, exactement comme la politique déracinée d’Emmanuel Macron… C’est une reine de la com', elle fait une fleur très jolie… mais unique. Et surtout autour d’elle c’est le désert ».

Interrogé sur la politique de Gérard Collomb, Marine Le Pen fulmine : « Il sait qu’il y a une submersion et pourtant il ne fait rien. Et même pire que rien, son gouvernement aggrave le phénomène en autorisant les mineurs migrants à faire venir l’ensemble de leur famille. C’est une politique que je trouve criminelle ». La présidente frontiste a mis en avant ses propositions : « la réforme du droit d’asile », « la suppression du droit du sol ». Elle ajoute : « Au-delà de ça, il faut arrêter l’immigration ».

Marine Le Pen a également évoqué les Européennes de 2019 : « Il peut y avoir demain une majorité d’eurosceptiques au Parlement européen. Et ça fait peur à la Commission européenne. On peut arrêter cette Europe-là, qui emmène les peuples à leur perte »