Nice: Christian Estrosi reproche à la Cnil d'être un «frein» dans la lutte contre le terrorisme

POLITIQUE La Cnil s’était opposée à «Reporty», application de signalement citoyen qui aurait permis de braquer les caméras de la ville sur la zone concernée et d’y dépêcher des forces de police…

M.F. avec AFP

— 

Christian Estrosi President of Regional Council of PACA during a press conference on February 21, 2017 in Nice, Southern France. FRANCE - 21/02/2017//BEBERT_1513.0932/Credit:BRUNO BEBERT/SIPA/1702221157
Christian Estrosi President of Regional Council of PACA during a press conference on February 21, 2017 in Nice, Southern France. FRANCE - 21/02/2017//BEBERT_1513.0932/Credit:BRUNO BEBERT/SIPA/1702221157 — SIPA
  • « Il est temps désormais que la Cnil cesse d’être un frein dans le développement de nouveaux moyens de lutte contre le terrorisme », écrit Christian Estrosi dans une tribune transmise à l’AFP.
  • Pour l’ancien ministre, « la protection des données personnelles ne doit pas être le chiffon rouge qui empêche notre pays d’avoir les moyens de combattre les nouvelles menaces que connaît cette société ».

C’est le veto de la Cnil à un test pour appeler la police municipale en direct et en vidéo qui a déclenché la réaction de Christian Estrosi. Le maire LR de  Nice reproche à la Commission nationale de l’informatique et des libertés d’être « un frein dans le développement de nouveaux moyens de lutte contre le terrorisme ».

En mars, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) avait justifié son veto au dispositif testé à Nice, appelé «Reporty», expliquant que ce système importé d’Israël était « très intrusif » mais également risqué pour les personnes l’utilisant.

La Cnil démontre qu’elle ne vit pas avec son temps

« Il est temps désormais que la Cnil cesse d’être un frein dans le développement de nouveaux moyens de lutte contre le terrorisme », écrit Christian Estrosi dans une tribune transmise à l’AFP. « Cette application avait pour but de permettre à chaque personne dotée d’un smartphone de pouvoir prévenir instantanément la police municipale lorsqu’elle était témoin d’une infraction ou d’un fait suspect, en donnant les informations nécessaires à une intervention rapide », explique le maire de la ville frappée par un attentat majeur le 14 juillet 2016, faisant 86 morts et plus de 400 blessés.

« En prenant une telle décision, la Cnil démontre qu’elle ne vit pas avec son temps. Elle reste enfermée dans une époque où les smartphones et les réseaux sociaux n’existaient pas. A l’heure où chacun prend des photos sur l’espace public et les conserve sur son téléphone portable, où n’importe qui peut publier des photos sur Instagram et diffuser des films sur Facebook, l’application Reporty était sans doute plus respectueuse des libertés individuelles que certains réseaux sociaux », argumente Christian Estrosi.

« Combattre les nouvelles menaces »

Pour l’ancien ministre, « la protection des données personnelles ne doit pas être le chiffon rouge qui empêche notre pays d’avoir les moyens de combattre les nouvelles menaces que connaît cette société ».

Par ailleurs, estime Christian Estrosi, « cette situation est, tout d’abord, très révélatrice d’un problème structurel : la France ne croit pas en l’expérimentation menée par les collectivités locales (…) La sécurité est une mission régalienne. Néanmoins, face à cette guerre à laquelle la France est désormais confrontée, les collectivités territoriales ont un rôle à jouer en matière de sécurité ».

« Dans le cadre de la mise en place du nouveau règlement européen sur la protection des données, j’aspire à ce qu’une autorité européenne soit réellement créée en lieu et place de la Cnil, et que les recommandations de cette entité s’appliquent de manière harmonieuse dans l’ensemble de l’espace Schengen », conclut le maire de Nice.

>> A lire aussi : Nice: Pourquoi la Cnil a mis son veto au test de l'appli d'appel vidéo en direct avec la police

>> A lire aussi : «Reporty» à Nice: Des opposants lancent un collectif pour dénoncer «la dérive sécuritaire du maire»