«L'Emission politique»: Un an après l'élection d'Emmanuel Macron, où en est l'opposition?

POLITIQUE Les quatre principaux opposants au chef de l'Etat sont invités sur France 2 ce jeudi soir...

Thibaut Le Gal

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Laurent Wauquiez lors du discours de clôture de la convention sur l'immigration, au siège du parti de Les Républicains, le 18 avril 2018.
Laurent Wauquiez lors du discours de clôture de la convention sur l'immigration, au siège du parti de Les Républicains, le 18 avril 2018. — AFP
  • Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure sont invités sur France 2 jeudi soir.
  • 20 Minutes fait le tour d'horizon des oppositions à Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron risque d’avoir les oreilles qui sifflent. Jeudi soir, pour la dernière de L’Emission politique pour la saison, France 2 invite les responsables des cinq principales formations politiques. Outre Christophe Castaner, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure répondront tour à tour aux questions de Léa Salamé.

L’occasion de dresser l’état des oppositions un après l’élection d’Emmanuel Macron. « Je trouve qu’elles se cherchent. Je les respecte, même si elles s’expriment parfois avec beaucoup de virulence », a taclé Edouard Philippe mardi dans un entretien au Monde. Quelles sont leurs difficultés et leur stratégie ? 20 Minutes fait le point.

La France insoumise : « Construire l’outil le plus efficace contre la politique de Macron »

Difficultés : Depuis un an, les sondages montrent que La France insoumise est vue comme l’opposant numéro 1 à Emmanuel Macron. Pourtant, fin octobre, Jean-Luc Mélenchon donnait «le point » au président, reconnaissant l’échec de l’opposition à la réforme du Code du travail.

« Tout est fait pour intimider le mouvement social et les opposants politiques. Il y a une espèce de pression mise par les marcheurs », assure Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis. « On dépose de nombreux amendements mais la majorité reste rigide et sectaire ».

Stratégie : Une opposition à l’Assemblée et dans la rue. « L’objectif est d’arriver à construire l’outil le plus efficace pour contrer la politique de Macron. La jonction [entre syndicats et partis] qu’on a souhaitée à l’automne se réalise aujourd’hui », se félicite le député. Syndicats et partis politiques ont convenu d' une manifestation commune le 26 mai. Le parlementaire assume aussi la stratégie des « coups d’éclats » à l’Assemblée : « On est capables de faire des actes de communication pour faire passer nos idées et défendre notre contre-projet », ajoute-t-il.

Les Républicains : « Trouver la bonne alchimie pour être audible »

Difficultés : Elu haut la main à la tête du parti, Laurent Wauquiez peine à s’affirmer comme l’opposant principal au chef de l’Etat. D’autant que le patron de la droite a choisi de soutenir les principales réformes économiques de l’exécutif. « Emmanuel Macron a la volonté d’asphyxier toute alternative républicaine à sa politique. La difficulté est de trouver la bonne alchimie pour être audible, s’opposer sans être binaire », affirme Damien Abad, vice-président de LR.

Stratégie : Les Républicains devraient poursuivre leurs axes d’attaque : « Nous avons ciblé les trois faiblesses de la majorité : l’autoritarisme du président et son manque d’autorité dans les fonctions régaliennes, la fracture avec les territoires, et la question du pouvoir d’achat », détaille le député de l’Ain.

Front national : « Nous sommes les opposants les plus crédibles »

Difficultés : Après l’échec à la présidentielle, le Front national a connu un trou d’air. « Nous avions des enjeux internes pour réorganiser notre logiciel, il nous a fallu du temps pour sortir de l’œil du cyclone avec le départ de Marion Maréchal-Le Pen, de Florian Philippot… », note Sébastien Chenu, député FN du Nord. Les frontistes ont été moins audibles sur les sujets sociaux. « A l’Assemblée, nous n’avons pas de groupe, c’est-à-dire pas de moyen et pas de temps de parole », explique-t-il.

Stratégie : « Nous sommes les opposants les plus crédibles car nous sommes, sur tous les sujets, le négatif d’En Marche : Europe, immigration, terrorisme, etc. », ajoute le frontiste. « On doit aussi gagner en crédibilité sur d’autres sujets (santé, transports) pour lutter contre notre faiblesse dans les grands centres urbains ».

Parti socialiste : « Nous devons nous emparer des sujets de la vie quotidienne »

Difficultés : Après les débâcles électorales, le Parti socialiste a peiné à retrouver une voix commune. « Après les défaites, il nous a fallu du temps pour nous relever. La première étape était la désignation d’un nouveau leader, Olivier Faure, pour définir une orientation », répond Guillaume Garot, député Nouvelle Gauche de Mayenne.

Stratégie : « Ce que nous souhaitons, c’est être dans une opposition crédible et réaliste. Donc dans la proposition, car l’indignation ne suffit pas », poursuit-il. « Sur les retraites, l’agriculture, l’alimentation, la fiscalité, le logement… Nous devons nous emparer des sujets de la vie quotidienne pour bâtir un contre-projet et retrouver l’audience des Français ».