Nucléaire iranien: «La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump», selon François Hollande

DIPLOMATIE L’ancien président a tenu à régir au lendemain du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien…

20 Minutes avec AFP

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François Hollande à Bruxelles (Belgique), le 2 mai 2018.
François Hollande à Bruxelles (Belgique), le 2 mai 2018. — SIPA

Une erreur de stratégie ? François Hollande a estimé ce mercredi que « la stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump, puisque le cynisme, la vulgarité et l’égocentrisme sont les ressorts de sa personnalité », a estimé mercredi François Hollande

« Il ne comprend que le rapport de force », ajoute l’ancien président français dans un entretien mis en ligne par le quotidien régional breton Le Télégramme. Interrogé sur l’idée d’ Emmanuel Macron d’élargir l’accord aux missiles balistiques, François Hollande dit « constater que Donald Trump n’en avait que faire et qu’elle a donc été inopérante ». « Le chef de la Maison Blanche ne voulait pas améliorer l’accord, ni le compléter, mais le déchirer », observe-t-il encore.

« Un acte unilatéral d’une extrême gravité »

« Ce qui est insupportable c’est que par cette décision unilatérale (de retrait de l’accord), les entreprises continuant à commercer avec l’Iran ne pourront plus le faire en dollars aux Etats-Unis. Comment accepter un tel déséquilibre dans les échanges mondiaux ? », interroge François Hollande, selon qui, « il faut élever le niveau de notre opposition à cette asymétrie et notre refus des conséquences du rétablissement des sanctions en affirmant un principe de réciprocité par rapport aux intérêts américains en Europe ».

L’ancien chef de l’État socialiste considère par ailleurs que le retrait des Etats-Unis de l’accord constitue « un acte unilatéral d’une extrême gravité », qui « peut conduire l’Iran à se délier de ses obligations en matière d’enrichissement d’uranium et provoquer ainsi une riposte israélienne ».

« L’accord n’est pas mort au prétexte du retrait américain »

« La France, ses alliés européens et les autres signataires doivent préserver l’intégralité de l’accord et tel doit être maintenant notre premier objectif », exhorte encore François Hollande, en appelant à « convaincre l’Iran que l’accord n’est pas mort au prétexte du retrait américain ».

« Incontestablement, il y aura un avant et un après la décision du 8 mai. Les yeux se sont ouverts sur l’unilatéralisme absolu de Donald Trump depuis qu’il a rompu les accords sur le climat et désormais sur le nucléaire iranien », considère en outre celui qui a quitté l’Élysée il y a un an.

« Les Européens doivent en tirer les conclusions, notamment en renforçant l’Europe de la Défense et en rééquilibrant la relation transatlantique dans le cadre de l’Otan, dès lors que le président américain ne respecte aucun traité », poursuit-il, en notant qu'« il y a un défi à relever ».

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