«Petit et mal fagoté», voilà comment les Insoumis jugent le projet de loi contre les violences sexuelles

DEBAT Clémentine Autain dénonce notamment le manque de moyens accordés à la justice, aux, associations de défense des femmes et à la police..

20 Minutes avec AFP

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Clémentine Autai et d'autres députes de la France Insoumise le 11 Avril 2018, Assemblee Nationale.Crédit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA
Clémentine Autai et d'autres députes de la France Insoumise le 11 Avril 2018, Assemblee Nationale.Crédit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA — SIPA

Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Les députés Insoumis ont dénoncé mercredi comme « petit et mal fagoté » le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera examiné à partir de lundi à l’Assemblée.

« On a le sentiment que la montagne, qui était à la fois le mouvement #MeToo et des paroles d’accompagnement de la ministre et du gouvernement saluant la libération de la parole, a accouché d’une toute petite, mais vraiment toute petite souris », a affirmé Clémentine Autain lors d’un point presse.

Le manque de moyens dénoncé

« On n’a absolument rien qui permet d’accompagner les victimes, qui permet de prévenir et qui prendrait en considération l’ensemble de la question » des violences sexistes et sexuelles, a-t-elle ajouté, alors que le texte était examiné en commission des Lois en présence de la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.

Pour l’élue de Seine-Saint-Denis, il aurait fallu « une loi-cadre qui donne les moyens à la justice de fonctionner, à la police d’être formée, aux associations de pouvoir accompagner, à l’éducation de faire son travail », alors que les quatre articles du projet de loi « sont déconnectés du cœur du problème ». Elle a notamment mis en avant la question des moyens qui, à ses yeux, « ne sont pas là », notant à titre de comparaison qu’en Espagne, « 0,54 euro par habitant est dépensé pour lutter contre les violences faites aux femmes, alors qu’en France, c’est 0,33 euro par habitant » et que le budget des droits des femmes en France est de « 0,0066 % du budget de la France ».

Les Insoumis risquent de s’abstenir lors du vote

Tout en notant comme « un point plutôt positif » l’idée d’étendre de 20 à 30 ans le délai du dépôt de plaintes pour les crimes sexuels (limité aux mineurs), elle a jugé globalement que c’est un texte « ni fait ni à faire », qui risque « même de détériorer les choses » avec un « risque de déclassement juridique du harcèlement sexuel et de correctionnalisation accrue des viols ».

Selon Clémentine Autain, qui a promis « une bataille politique » dans l’hémicycle la semaine prochaine, « le plus probable » est que son groupe s’abstiendra à l’issue des débats, jugeant notamment « rédhibitoire » l’absence de loi-cadre. Le texte doit notamment instaurer la verbalisation du harcèlement de rue et renforcer l