Paris: Près de 39.000 manifestants ont fait la «fête à Macron» dans une ambiance festive

SOCIAL La manifestation organisée à l’occasion du premier anniversaire de l’élection du chef de l’État s’est déroulée sans incidents majeurs ce samedi à Paris….

Claire Planchard

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A «Le Fête à Macron», les participants ont des messages à faire passer (le 5 mai 2018, à Paris). Lancer le diaporama
A «Le Fête à Macron», les participants ont des messages à faire passer (le 5 mai 2018, à Paris). — AFP

Une « fête à Macron » sous le soleil et dans une ambiance bon enfant. La France insoumise (LFI) a revendiqué ce samedi la présence de 160.000 personnes à Paris dans les rues de Paris, mais selon un comptage réalisé en milieu de parcours par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont fait partie 20 Minutes, 38.900 personnes ont participé au défilé. La préfecture de police en a compté 40.000.

A car bears a crown bearing a writing which translates as
A car bears a crown bearing a writing which translates as - Thomas SAMSON / AFP

Un voiture de franceinfo vandalisée

Initiée par le député LFI François Rufin pour le premier anniversaire de l’élection d’Emmanuel Macron, la manifestation était encadrée par 2.000 policiers et gendarmes venus empêcher l’irruption de black blocs, quatre jours après les violents incidents du 1er-Mai.

Après une ambiance pique-nique bon enfant place de l’Opéra à Paris à midi, le cortège s’était ébranlé avant 14 heures en direction de la République, puis de la Bastille.

« Ce n’est pas cet afflux immense que l’on annonçait », a estimé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à la préfecture de police, en condamnant fermement « l’attaque » d’un camion-régie de franceinfo à la Bastille à la fin du défilé. « Quand certains s’attaquent à la presse, il n’y a plus de limites », a-t-il ajouté.

« La liberté publique de manifester s’est exercée sans problème », s’est réjoui le préfet de police Michel Delpuech. Au total il a annoncé huit interpellations dans la journée, dont quatre en amont, et « une des personnes sans doute associées à cette agression ». Un policier a « perdu connaissance mais (…) c’est une blessure sans gravité », a-t-il dit.

En dépit de ces incidents limités, l’ambiance restait festive en attendant le concert prévu vers 20 heures.

Manifestation contre Emmanuel Macron à l'appel de la France insoumise, le 5 mai 2018 à Paris.
Manifestation contre Emmanuel Macron à l'appel de la France insoumise, le 5 mai 2018 à Paris. - Francois Mori/AP/SIPA

« Non au coup d’Etat social »

Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs villes de France dont Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Rennes, avec des slogans aussi potaches que revendicatifs, rassemblant chacun plusieurs centaines de personnes.

« Non au coup d’Etat social », « pour la planification écologique », « Pour une VIe République », « arrêtons ToutenMacron », « En Marche à l’ombre », pouvait-on lire dans le centre de Paris, et à Bordeaux, où le second degré dominait : « Tous en Suisse, tous en Suisse, tous ! », « L’argent il y en a, dans les poches du salariat ! », « Moins d’Assedic, et + de domestiques ! »

Quatre chars se sont mêlés au cortège parisien : le char Jupiter, le char Dracula, le char Napoléon, avec sur chacun d’entre eux une personne grimée en Macron, et enfin un char « résistance », où les manifestants étaient invités à exposer leurs revendications. Une marionnette de Macron couronnée et accrochée à une potence a également fait le parcours.

« Nous sommes tous là pour donner du courage aux cheminots, aux hospitaliers, aux travailleurs de tous les secteurs », a lancé le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, dans une harangue à la foule.

« Nous sommes un rassemblement qui condamne la violence et d’abord la violence verbale des tout puissants. Ceux qui ont dit qu’il y avait dans les gares des gens qui n’étaient rien, ceux qui ont traité le peuple travailleur de fainéants, d’illettrés et d’alcooliques », a pourfendu le député de Marseille dans un florilège de citations d’Emmanuel Macron.

Sans être l’organisatrice de cette manifestation, LFI a affrété une centaine de cars et fourni de nombreuses pancartes.

Une marionnette à l'effigie d'Emmanuel Macron dans le cortège de la «La Fête à Macron»
Une marionnette à l'effigie d'Emmanuel Macron dans le cortège de la «La Fête à Macron» - AFP

« Par millions, déferlez » le 26 mai

Dans le cortège, également, des représentants de la CGT, de SUD, de Solidaires, d’Attac, des étudiants, des cheminots, postiers et personnel de santé. Pierre Laurent pour le PCF, Philippe Poutou et Olivier Besancenot pour le NPA ont aussi battu le pavé.

Depuis deux jours, le ton est monté entre exécutif et LFI. Les Insoumis veulent « tenir un discours d’agitation », « ils n’ont jamais accepté la défaite », « ils aiment la démocratie quand ils gagnent », a accusé cette semaine, depuis les antipodes, Emmanuel Macron.

« Il y a une espèce de campagne qui est organisée pour diaboliser toute opposition ». Emmanuel Macron « est crispé, incertain de lui-même et il entre dans une mauvaise période où se rencontrent le mouvement social et les affaires », a déclaré ce samedi Jean-Luc Mélenchon sur TF1, dans une allusion aux articles de presse sur le financement de la campagne présidentielle du chef de l’Etat.

Selon les organisateurs, cette initiative est une « première étape ». Déjà, plusieurs associations, syndicats, partis envisagent une nouvelle journée de protestation le 26 mai. Ce jour-là, « par millions, déferlez ! Soyez la marée humaine qui change l’Histoire », a imploré samedi Jean-Luc Mélenchon.

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