Toulouse: Il estime dans une interview qu'il y a «trop d’Arabes», le maire invite l'élu à démissionner

POLEMIQUE Le maire de Toulouse a invité ce jeudi l’élu de sa majorité, qui a estimé sur une radio israélienne qu’il y avait « trop d’Arabes » dans sa ville, à démissionner…

Beatrice Colin

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Un élu avec son écharpe tricolore. Illustration.
Un élu avec son écharpe tricolore. Illustration. — De Nul / Sipa
  • Sur les ondes de la radio israélienne Galatz, Aviv Zonabend, élu de la majorité municipale de la Ville rose, a estimé qu’il y avait « trop d’Arabes » à Toulouse.
  • Jeudi, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a invité l’élu, Aviv Zonabend, a présenté sa démission sous 24 heures. S’il ne le fait pas, il lui retirera toutes ses délégations.
  • Aviv Zonabend avait plaidé une erreur de traduction et un hébreu hésitant.

Soit il démissionne de lui-même de tous ses mandats au conseil municipal de Toulouse et à la métropole sous 24 heures, soit le maire, Jean-Luc Moudenc (LR), lui retire « l’ensemble de ses délégations ».

L’avenir politique d’Aviv Zonabend semble bien compromis. Cet élu, délégué aux jumelages, membre de la majorité municipale, a déclaré à l’antenne de Galatz, une radio israélienne, qu’il y avait « trop d’Arabes à Toulouse » alors qu’il se trouvait en déplacement à Tel-Aviv, dans le cadre de sa délégation. Avant d’ajouter qu’ils « représentent 10 à 12 % de la population ».

Aviv Zonabend, conseiller municipal de Toulouse.

Selon The Times of Israël, le conseiller municipal a aussi indiqué sur les ondes de cette radio que ses collègues musulmans de la municipalité avaient de la « difficulté » à accepter son sionisme. Par ailleurs, il a aussi déclaré qu’il avait reçu à son bureau une enveloppe avec de la poudre blanche.

Des propos « intolérables » selon le maire de Toulouse

Aviv Zonabend a démenti auprès de France 3 Occitanie, indiquant qu’il s’agissait d’une erreur de traduction et que, dans son hébreu hésitant, il voulait désigner les islamistes. « Je n’ai rien contre les Arabes et j’entretiens d’excellentes relations avec la communauté musulmane. Je voulais insister sur le fait qu’il y a trop d’islamistes à Toulouse. Je suis très clair », a-t-il plaidé.

Trouvant ses propos « intolérables », le maire a indiqué, dans un post sur sa page Facebook dès vendredi soir, qu’il ouvrait une enquête car « Toulouse mérite mieux que des propos à l’emporte-pièce ». Dans ce cadre-là, il a demandé que la traduction soit vérifiée par un traducteur professionnel.

Paroles « en violation avec l’esprit de tolérance »

Le couperet vient donc de tomber. Pour Jean-Luc Moudenc, « ces paroles sont en violation profonde avec l’esprit de tolérance et de respect qui constitue la boussole de mon engagement et de celui de toute mon équipe dans sa diversité ».

Si le maire relève que ces propos « sont en rupture avec les positions qu’a toujours exprimées notre collègue jusqu’ici, il n’en demeure pas moins qu’elles ont été effectivement prononcées, qui plus est dans le cadre où Aviv Zonabend était présenté comme élu municipal de notre ville », tranche-t-il.

Le principal intéressé a indiqué à France 3 Occitanie qu’il ne démissionnerait et qu’il allait consulter ses avocats.

Condamnation du CRIF

De son côté, la délégation toulousaine du Conseil réprésentatif des institutions juives de France (CRIF)​, a condamné les propos tenus par l’élu. Dans un communiqué, son président, Franck Touboul, a indiqué « être peiné par le dérapage verbal inacceptable de la part d’un élu de notre République, dérapage que nous condamnons avec force et sans ambiguïté ».

Il a précisé qu’il connaissait les valeurs d’humanisme et de fraternité «qui animent Aviv Zonabend». Mais a aussi indiqué qu’il comprenait la décision du maire de Toulosue, «car quelle que soit la forme et l’origine des actes auxquels nous sommes confrontés, nous devons être intransigeants pour faire reculer la haine qui gangrène notre société».