Diplomatie: Dominique de Villepin met en garde Macron contre une «surchauffe»

LE COME-BACK L'ex-Premier ministre conseille au président de la République la mise en place d'un «Conseil national de sécurité»...

avec AFP

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Dominique de Villepin le 23 avril 2014 à Paris
Dominique de Villepin le 23 avril 2014 à Paris — Franck Fife AFP

« On a maintenant un an de pratique de la présidence Macron et nous constatons une situation de surchauffe, à la fois diplomatique et militaire. » Ce dimanche, sur BFM TV, Dominique de Villepin a expliqué que le président français « multiplie les rencontres, les discours, les voyages ». Or, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac n’est « pas sûr que l’intendance puisse suivre à ce rythme » et formule une proposition.

Si les deux ministres actuels des Affaires étrangères et de la Défense sont « compétents », il est « temps de constater qu’il y a un manque dans le système français », poursuit-il. Il faudrait, selon lui, « rajouter un organe, une institution, qui peut être une sorte de Conseil national de sécurité, soit en liaison avec les deux ministères, soit auprès du Président de la République ».

« Nous manquons de propositions concrètes »

Cet organe aurait pour objectif de donner au chef de l’Etat « un temps d’avance par rapport aux crises qui se multiplient et aux tensions qui s’ajoutent les unes aux autres » « Depuis un an, le président a été très réactif mais quelles ont été les propositions de la France ? Nous manquons de propositions concrètes et de stratégie, en particulier avec l’Europe », a-t-il ajouté.

Ce Conseil national, « compte tenu de la façon dont le président travaille -il n’aime pas avoir des personnalités qui lui fassent de l’ombre-, serait susceptible, auprès de lui, d’être un vivier d’idées, de propositions et une tête chercheuse qui permettrait des rencontres très confidentielles sur la scène internationale ». Pourrait-il lui-même en prendre la tête ? « Certainement pas ! » a balayé Dominique de Villepin.

« Accord régional de sécurité, voire de coopération »

Revenant sur le voyage d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, il a estimé que, face à Donald Trump, « très habilement, il a joué le système politique américain », notamment avec son discours devant le Congrès, qui a « des prérogatives très importantes » en matière de politique étrangère.

S’agissant de la renégociation de l’accord sur le nucléaire iranien, Dominique de Villepin a souligné qu’il ne s’agissait plus d’y voir « un simple accord sur l’Iran » mais l’occasion d’un « accord régional de sécurité, voire de coopération », en mettant « autour de la table » Israël, l’Arabie saoudite et la Turquie.

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