Toulouse: Un conseiller municipal estime qu’il y a «trop d’Arabes», le maire ouvre une enquête

ENQUETE Aviv Zonabend, qui aurait tenu ces propos sur une radio israélienne, plaide pour une erreur de traduction…

H. B.

— 

Illustration de la place du capitole a Toulouse, du fronton du Capitole.
Illustration de la place du capitole a Toulouse, du fronton du Capitole. — Alexandre GELEBART/REA Alexandre GELEBART/REA

Dérapage ou erreur de traduction ? Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, a ordonné l’ouverture d’ une enquête visant un conseiller municipal de sa majorité, rapporte France 3 Occitanie. Aviv Zonabend, conseiller municipal Les Républicains de la Ville rose, aurait déclaré sur l’antenne d’une radio israélienne, qu’il y avait « trop d’ Arabes à Toulouse ». « Ils représentent 10 à 12 % de la population », aurait-il ajouté, précisant également « qu’il y avait très peu de juifs à Toulouse ».

Selon The Times of Israël, Aviv Zonabend a aussi déclaré lors de cette interview à la radio que ses collègues musulmans de la municipalité avaient de la « difficulté » à accepter son sionisme, précisant que lorsqu’il se rendait à Tel Aviv, une ville jumelée avec Toulouse, pour promouvoir des projets qu’il partage sur son compte Facebook, « cela a commencé à en déranger certains ».

« J’en ai après les islamistes, mais je n’ai rien du tout contre les Arabes »

Contacté par France 3 Occitanie, Aviv Zonabend dément et invoque une erreur de traduction. « J’ai été interrogé sur l’affaire Merah et j’ai répondu dans un hébreu hésitant, une langue que je ne maîtrise pas. Je ne voulais pas parler d’Arabes mais d’islamistes. Je n’ai rien contre les Arabes et j’entretiens d’excellentes relations avec la communauté musulmane. Je voulais insister sur le fait qu’il y a trop d’islamistes à Toulouse. Je suis très clair. J’en ai après les islamistes mais je n’ai rien du tout contre les Arabes », explique le conseiller municipal.

Des explications qui n’ont pas convaincu le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui a donc décidé d’ouvrir une enquête. « Toulouse mérite mieux que des propos à l’emporte-pièce », explique notamment le maire dans un long message posté ce vendredi sur Facebook.

« Un traducteur professionnel » mandaté pour vérifier que « ce qui a été dit »

« Il est intolérable que le dialogue que nous cultivons avec et entre les communautés religieuses soit ainsi foulé aux pieds. Je ne saurais transiger ou composer avec des visions qui opposent les Toulousains les uns aux autres », a ajouté le maire.

Jean-Luc Moudenc a indiqué avoir mandaté « un traducteur professionnel » pour vérifier que « ce qui a été publié correspond véritablement à ce qui a été dit ». « Si cela était malheureusement avéré, je prendrais alors les décisions qui s’imposent en retirant toutes ses délégations à l’élu en cause ».