VIDEO. Nucléaire iranien: En quoi consiste le «nouvel accord» proposé par Emmanuel Macron à Donald Trump

DIPLOMATIE Washington et Paris ont signé en 2015, avec l’Iran mais aussi la Russie, la Chine, l’Allemagne et le Royaume-Uni, l’accord censé empêcher Téhéran d’avoir l’arme atomique...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron et Donald Trump devant la Maison Blanche, le 24 avril 2018.
Emmanuel Macron et Donald Trump devant la Maison Blanche, le 24 avril 2018. — Ron Sachs/NEWSCOM/SIPA

Pour surmonter leurs divergences sur l'Iran, Emmanuel Macron propose à Donald Trump un « nouvel accord » au-delà des seules questions nucléaires. Mais les inconnues l’emportent sur les chances d’aboutir, et ce pari semble voué à gagner du temps et à préparer l’avenir en cas de retrait américain.

Quelles divergences ?

Les Etats-Unis et la France ont signé en 2015, avec l’Iran mais aussi la Russie, la Chine, l’Allemagne et le Royaume-Uni, l’accord censé empêcher Téhéran d’avoir l’arme atomique. Mais le président américain a promis de « déchirer » ce texte, auquel il reproche de ne faire que repousser de quelques années l’échéance d’une bombe iranienne.

Il a donné jusqu’au 12 mai aux signataires européens pour trouver, avec Washington, des solutions pour le « durcir » -- sans impliquer l’Iran. Faute de quoi, il rétablira les sanctions américaines, synonyme de mort probable pour l’accord iranien. Les Européens jouent le jeu en négociant des solutions avec les Etats-Unis.

Que propose Emmanuel Macron ?

Avec son « nouvel accord » plus « large » présenté mardi, le président français « présente intelligemment le même problème d’une manière différente », dit à l’AFP Behnam Ben Taleblu, du groupe de pression Foundation for Defense of Democracies très en pointe dans la critique du pacte de 2015.

Ces nouvelles négociations devraient porter sur les préoccupations exprimées par Donald Trump, mais en préservant l’accord d’origine qui deviendrait le premier des « quatre piliers » d’un futur texte. Les autres « piliers » concernent l’après-2025, quand certaines clauses vont expirer, mais aussi les missiles balistiques très controversés de Téhéran et son rôle jugé « déstabilisateur » dans la région.

Principale nouveauté : il ne s’agit plus de rustines discutées entre Occidentaux, mais d’une vraie négociation impliquant l’Iran et les autres puissances.

Que fera Donad Trump le 12 mai ?

Personne ne connaît vraiment les intentions du président des Etats-Unis. Mais son homologue français n’a pas caché son pessimisme mercredi, estimant qu’il risque de sortir de l’accord de 2015, surtout « pour des raisons de politique intérieure ».

La proposition française semble en tout cas avoir donné de l’espoir aux partisans du texte de 2015.

Quelles chances d’aboutir ?

L’urgence reste un accord américano-européen. Pour cela, encore faut-il que les pays de l’Union européenne s’entendent entre eux. « C’est le cas pour Londres, Berlin et Paris », assure Luigi Scazzieri, alors que la chancelière allemande Angela Merkel est aussi attendue à la Maison Blanche vendredi. « C’est moins vrai pour l’Italie », peu enthousiaste à l’idée de nouvelles sanctions contre les missiles iraniens, ajoute-t-il, « mais son opposition paraît surmontable ».

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Ensuite, tout dépend de la décision de Donald Trump le 12 mai. Mais même en cas de rétablissement des sanctions, le nouveau cadre proposé par Emmanuel Macron « évite », selon ce dernier, « de tomber dans l’inconnu si la décision américaine est une sortie sèche ». Mais convaincre la Russie, la Chine, et a fortiori l’Iran de négocier un « nouvel accord » semble, à ce stade, mission impossible.