Yves Jégo fait condamner un blogueur

POLITIQUE Un blogueur de Montereau a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Fontainebleau à 200 euros...

Avec agence

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WITT/SIPA

Yves Jégo n'aime pas qu'on blogue contre lui. Un militant socialiste blogueur de Montereau, en Seine-et-Marne, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Fontainebleau à 200 euros d'amende, pour avoir diffamé le maire de Montereau Yves Jégo.

Yves Jégo, alors député-maire et devenu depuis secrétaire d'Etat à l'Outremer, reprochait à Yves Poey de l'avoir diffamé en écrivant sur son blog, «Flamberge», le 24 septembre 2007, à propos de son adversaire socialiste aux municipales Laurent Hamelin: «Laurent n'est pas un apparatchik de parti, comme notre porte-parole-député-maire UMP. Il n'a jamais grenouillé dans les diverses officines, cabinets et autres distributeurs d'emplois publics réservés. Lui».

Il lui reprochait également de l'avoir injurié en écrivant : «Laurent est un fonceur connaissant à la fois le tissu social et économique local, se montrant très en prise avec la réalité du terrain. Lui».

Une «volonté d'intimider»

Sur son blog, Yves Joey commente la décision, un brin irrité: «en résumé, le Tribunal a estimé que : “apparatchik” + “grenouillé” = amende de 200 Euros». Le blogueur cite un article du «Nouvel Obs» où ces deux mots étaient aussi cités au sujet de Michel Moyrand, nouveau maire de Périgueux, sans qu'il porte plainte.

Me Jean-Pierre Mignard, avocat du blogueur, et président de Désirs d'avenir, le mouvement de Ségolène Royal, avait dénoncé à l'audience une «volonté d'intimider». Il avait estimé que le terme d'apparatchik n'était pas insultant: «M. Poey dit que la carrière politique de M. Jégo est liée à celle d'un appareil politique».

Il avait plaidé que la diffamation n'était pas constituée, aucun fait précis n'étant dénoncé par son client. «M. Poey n'accuse pas M. Jégo d'un acte répréhensible par la loi», avait-il soutenu.