VIDEO. Iran, Corée du Nord, Beltrame... Ce qu'il faut retenir de la deuxième journée de Macron aux Etats-Unis

POLITIQUE Emmanuel Macron a entamé lundi, avec son épouse Brigitte Macron, une visite d'Etat de trois jours aux Etats-Unis... 

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et Emmanuel Macron à Washington le 24 avril pour une conférence de presse commune.
Donald Trump et Emmanuel Macron à Washington le 24 avril pour une conférence de presse commune. — ludovic MARIN / AFP

La visite d’Etat avait pourtant bien commencé. Le président américain Donald Trump a fustigé ce mardi l’accord sur le nucléaire iranien, plaçant d’emblée ses discussions avec le président français sur un terrain glissant malgré l’amitié affichée entre les deux dirigeants pendant la visite d’ Emmanuel Macron à Washington.

« L’accord sur l’Iran est un désastre », un accord « dément » et « ridicule », a martelé le président américain au tout début de son entretien très attendu avec Emmanuel Macron dans le Bureau ovale. « Il n’aurait jamais dû être conclu », a-t-il ajouté. « Nous allons en discuter », a-t-il poursuivi sous l’œil soucieux d’Emmanuel Macron, qui doit chercher à l’infléchir, entre autres, sur ce dossier.

Eviter une escalade

Le président français a répondu que l’objectif commun était « d’éviter une escalade et une prolifération nucléaire dans la région ». « La question est de savoir quel est le meilleur chemin », a-t-il dit.

Cette première note discordante marque l’entrée dans des discussions difficiles entre les deux dirigeants, qui ont multiplié les signes de camaraderie depuis l’arrivée du président français lundi à Washington bien que leurs désaccords soient profonds sur une série de sujets, comme l’accord sur le nucléaire iranien et la guerre commerciale.

Un nouvel accord « solide » sur l’Iran

Pour dépasser leurs clivages, les deux présidents ont évoqué leur volonté de passer un nouvel accord sur l’Iran. Un vœu qui devrait se heurter à la vive opposition de Téhéran. « Nous souhaitons pouvoir désormais travailler sur un nouvel accord avec l’Iran », a lancé Emmanuel Macron. « On ne déchire pas un accord pour aller vers nulle part, on construit un nouvel accord qui est plus large », a-t-il poursuivi.

Le locataire de la Maison Blanche, qui a réclamé un nouveau texte aux fondations « solides », a lui une nouvelle fois stigmatisé, lors d’une conférence de presse commune, l’accord « ridicule » conclu par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Verdict le 12 mai, date à laquelle il doit prendre une décision sur cet accord conclu en 2015 entre l’Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie).

Des compliments pour Kim Jong-un

Donald Trump a invité Pyongyang à « se débarrasser de leurs bombes atomiques. Très simple. Ils se débarrassent de leurs bombes atomiques », a-t-il répondu à un journaliste qui l’interrogeait sur le sens de ses appels à la « dénucléarisation » de la Corée du Nord.

Au passage, le président américain a salué l'attitude du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un « très ouvert », qui a eu un comportement « très honorable ».

Les barrières douanières au menu

Au menu des discussions, les taxes douanières que Donald Trump veut imposer à ses partenaires sur l’acier et l’aluminium ont également été évoquées. En présence de son homologue français, le président américain a ouvertement regretté d’avoir l’Union européenne comme interlocuteur sur les questions économiques.

« La question des échanges avec la France est compliquée parce qu’il y a l’Union européenne. Je préférerais négocier seulement avec la France », a-t-il lancé. « L’Union est très dure avec nous. Ils ont des barrières douanières qui sont inacceptables », a-t-il expliqué.

« Ce sera un grand président pour la France »

Lundi, au cours de leur dîner privé, les deux hommes avaient parlé de la situation économique américaine, « des sondages du président Trump et de la préparation des élections des mid terms » au mois de novembre, a indiqué l’Elysée. Autres points abordés, la régulation de l’internet et la lutte contre la radicalisation ainsi que la lutte contre le terrorisme.

Mais ils ont aussi évoqué des points de friction comme les taxes douanières que Donald Trump veut imposer à ses partenaires sur l’acier et l’aluminium. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, les deux présidents ont multiplié les marques d’amitié. « Ce sera un grand président pour la France, c’est ce que je prédis », a lancé Donald Trump ce mardi.

Un hommage à Arnaud Beltrame

Le président américain a aussi rendu hommage au colonel Arnaud Beltrame, le gendarme français qui a donné sa vie pour sauver une otage lors d’un attentat djihadiste en France le mois dernier.

« Il y a à peine quelques semaines, nous avons ajouté un nouveau nom à cette liste de nos grands héros, (celui d)'un courageux policier français nommé Arnaud Beltrame. Il a regardé le mal en face et n’a pas cillé. Il a donné sa vie pour ses voisins, pour son pays et pour la civilisation elle-même », a déclaré Donald Trump aux côtés de son homologue français à la Maison Blanche.

Au programme : dîner somptueux à la Maison Blanche

Emmanuel Macron est en outre venu de France avec une bouture de chêne du nord de la France qui a été plantée lundi à la Maison Blanche, l’occasion d’une séquence photo montrant les deux présidents chacun une pelle à la main sous l’œil de leurs épouses Melania Trump et Brigitte Macron.

La journée de mardi est diplomatiquement chargée : après les entretiens à la Maison Blanche et une conférence de presse commune, le Français doit déjeuner avec le vice-président Mike Pence et John Sullivan, le patron par intérim de la diplomatie américaine, puis assistera à une cérémonie au cimetière militaire d’Arlington.

Le soir un fastueux dîner d’Etat en l’honneur des Macron réunira de nombreux invités à la Maison Blanche, décorée pour l’occasion d’une forêt de branches de cerisier en fleur. Le menu gastronomique, la somptueuse vaisselle, tout a été largement médiatisé.