VIDEO. Parlement européen: Quand un eurodéputé belge offre une corde à Emmanuel Macron

PREMIER DE CORDEE Emmanuel Macron s'est rendu au Parlement européen à Strasbourg ce mardi...

L.Br.

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Le député belge Philippe Lamberts, en mars 2018 à Bruxelles.
Le député belge Philippe Lamberts, en mars 2018 à Bruxelles. — Dominique HOMMEL/ISOPIX/SIPA

« Vous avez pris coutume d’offrir à vos hôtes un cadeau symbolique, permettez-moi de faire de même. » Le député belge Philippe Lamberts a « offert » une corde verte à Emmanuel Macron venu prononcer un discours face au Parlement européen, ce mardi. Une allusion aux « premiers de cordée », image qu’Emmanuel Macron avait employée en 2017 pour évoquer « ceux qui réussissent ».

« Votre foi en eux est inébranlable. Dans nos sociétés, cette corde n’existe plus : les riches s’enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent tandis que les plus fragiles sont abandonnés à leur sort », a lâché le député belge.

La corde offerte à Emmanuel Macron, sur le bureau du président de la République, le 17 avril 2018.
La corde offerte à Emmanuel Macron, sur le bureau du président de la République, le 17 avril 2018. - Frederick FLORIN / AFP

Et d’expliquer que cette corde était le symbole « de ces liens qu’il est urgent de retisser au sein même de nos sociétés et entre elles ».

« Vous pouvez tenir des propos d’estrade car vous avez le confort de ce salon »

C'était la première fois que le président de la République prononçait un discours face aux eurodéputés, à Strasbourg. Et l’atmosphère s’est effectivement tendue lorsque Philippe Lamberts a pris la parole pour passer au crible la politique d’Emmanuel Macron (loi asile et immigration, Notre-Dame-des-Landes, loi renseignement, violences policières, etc.) « Votre action en France raconte une tout autre histoire. Une histoire qui met à mal la devise de votre pays : « liberté, égalité, fraternité » », a alors lancé le député.

« Où est la liberté lorsque des policiers armés débarquent au petit matin pour arrêter des jeunes dont le seul tort serait d’avoir occupé pacifiquement un chantier ? Ma fille en était. Elle fut emmenée devant son fils de deux ans loin de chez elle pour subir pendant toute une journée un interrogatoire », a ensuite révélé l’eurodéputé face à un Emmanuel Macron impassible.

A l’issue de cette prise de parole, par certains moments applaudie par les élus, Emmanuel Macron a tenu à répondre à l’eurodéputé écologiste. « Vous pouvez tenir des propos d’estrade car vous avez le confort de ce salon. Au nom du respect que j’ai pour ce Parlement, je ne peux vous laisser dire des bêtises et contre-vérités », a balayé le chef de l’Etat.