«Je peux regarder en face ce que j'ai fait»... Revivez l'interview d'Emmanuel Macron par le duo Bourdin-Plenel

LIVE Le président de la République est interviewé pendant deux heures en direct du théâtre national de Chaillot, à Paris...

O. P.-V.

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Emmanuel Macron le 15 avril 2018 à Paris.
Emmanuel Macron le 15 avril 2018 à Paris. — FRANCOIS GUILLOT / AFP / POOL

L'ESSENTIEL

  • Emmanuel Macron est questionné par Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin pendant deux heures.
  • C'est sa deuxième interview télévisée en quatre jours, après le JT de 13h de Jean-Pierre Pernaut jeudi.
  • Le président est interrogé sur l'actualité internationale notamment, à la suite des frappes en Syrie.

23h23: Ce live est désormais terminé. Vous pouvez retrouver la synthèse des échanges dans notre compte-rendu à lire ici.

23h20: Point lutte contre le terrorisme et la radicalisation

Entre l'Islam et le PSG, les trois hommes ont parlé de #MeToo, d'Europe et de la politique contre la radicalisation. Sur ce dernier point, à l'idée, portée à droite, de mettre en détention toutes les personnes soumises à une fiche S, le président a répondu : «Le but est de démanteler des réseaux. Si nous mettons tout le monde en prisons, nous ferrons quelque chose qui n’est pas conforme au droit et qui est contre-productif puisque les prisons sont aussi des lieux de surveillance.»

23h15: Macron tient à féliciter le PSG pour son titre de champion de france de foot

Voilà, c'est la chute de cette interview. Et Edwy Plenel trouve le moyen de caler un nouvel entretien dans un an. «Chiche», répond le président.

22h48: L'interview se poursuit sur la question de l'Islam

«Aujourd'hui, on a entre 4.5 et 6 millions de Français qui croient dans l'islam. Cette religion est nouvelle pour la République. Dans son histoire, elle a eu une relation avec la religion catholique, juive et catholique, protestante. Elle s'est construite. L'islam est apparu ensuite alors que ses règles sont très différentes», détaille le président au sujet de la place de la religion musulmane et son rapport à la laïcité en France.

«C'est un fait qui s'est installé dans ces dernières années. Ma conviction, c'est que si nous devons nous tenir unis, nous devons pacifier les liens entre la société et les religions», ajoute-t-il.

22h42: «Je peux regarder en face ce que j'ai fait»

En réponse à l'accusation de «duplicité» par son prédecesseur François Hollande, dont il a été ministre de l'Economie avant de quitter le gouvernmeent pour se présenter à l'élection présidentielle. «Ces cinq années, j'ai toujours dit ce que je pensais. J'ai assumé des désaccords. Je peux regarder en face ce que j'ai fait», dit Emmanuel Macron

22h37 : Macron est interpellé sur sa manière de gouverner

D’où la question de Bourdin, qui prenait le philosophe Paul Ricoeur en exemple (Macron en a été l’assistant). Réponse du chef de l’Etat : « Si je croyais à la toute puissance, vous dirais : "je vais décider ainsi, j’ai la solution, je vais le faire de suite". Je ne crois pas à la toute puissance, je crois à la démocratie pleine et entière, à la force de nos institutions. La conviction que je mets dans mon engagement a une racine : le mandat que m’ont donné les Français qui ont décidé de me confier la responsabilité du pays. Ce que je leur dois c’est d’être constant dans mes convictions, ce n’est pas la toute puissance. »

22h35: Point «illusion puérile de toute puissance»

C'est Jean-Jacques Bourdin qui a posé la question.

 

22h28: Point Notre-Dame-des-Landes et étudiants grévistes

Sur les zadistes, «tout ce qui doit être évacué, le sera» ; sur les étudiants, «dans toutes les universités bloquées, ceux qui bloquent sont minoritaires».

Au passage, cette punchline lâché au sujet de la ZAD par un Macron chauffé à blanc par Plenel : «Ce n'est pas un projet alternatif, c'est un projet de désordre. Je vais m'installer dans votre salon et dire que c'est un projet agricole alternatif !»

22h26: Sur la réforme de la SNCF, pour s'y retrouver

Au besoin, cet article de 20 Minutes sur les options retenues par le gouvernement.

22h20: Confidence du président, il «ne croit pas à la théorie du ruissellement»

Son équipe de com en a même fait une vidéo, on la pose là, sans mentionner - ce serait taquin - l'idée des «premiers de cordée» énoncée il y a quelques mois par Macron, analogie de la théorie du ruissellement.

 

22h09: L'Etat reprendra progressivement la dette de la SNCF à partir du 1er janvier 2020

Promesse d'Emmanuel Macron.

22h07: Macron voudrait que sa réforme des retraites soit votée en 2019

«Je tiens au système de répartition, il crée une solidarité intergénérationnelle. Ce que nous allons revoir, c'est la quarantaine de régimes différents qui cohabitent. L'idée est de se donner dix ans pour que progressivement tout le monde converge dans un système unique», expliquet-il, en réponse à un Bourdin qui le soupçonnait de vouloir mettre fin au système français par répartition.

22h: Au sujet d'un éventuel deuxième jour de solidarité, c'est «une piste intéressante»

Pour financer la dépendance, idée déjà avancée jeudi dernier par la ministre de la Santé. Le président annonce des annonces (teasing maximal) pour fin 2018, début 2019.

21h55: «Ce à quoi on assiste à l'hôpital, c'est le fruit de plusieurs décennies de dérives»

Edwy Plenel aborde la situation des hôpitaux français, à qui le pouvoir a demandé de «faire une économie de 1,6 milliard d’euros». Réponse : «L'hôpital est étranglé par un système devenu comptable qui s’appelle la tarification à l’activité. Nous avons augmenté le budget de la santé mais pas au rythme que certains voulaient. J’aurai à m'exprimer fin mai sur ce sujet.»

21h51: Macron répète souvent qu'il «assume»

En l'occurence, il ASSUME la réforme de l'ISF : «J’assume totalement les gestes fiscaux qui ont été faits sur l’ISF lorsque l’argent est réinvesti dans l’économie. [...] Il faut qu’on ait un système qui favorise les entrepreneurs.»

21h48: «Il n'y aura pas de nouvel impôt»

Le président est interogé sur la taxe foncière et ouvre la porte à une refonte de cet impôt, tout en assurant qu'il n'y en aura pas de nouveau. «Aujourd’hui nous devons refondre en profondeur notre fiscalité locale. On va la recomposer pour la répartir entre les communes, les départements et les régions», dit-il.

21h40: Bourdin parle des retraités touchés par la hausse de la CSG

«Oui, on leur a demandé un effort pour pouvoir justement réussir à baisser les cotisations sociales salariales de tous les travailleurs de France pour que le travail paye mieux», répond le président, déjà interpellé longuement par Jean-Pierre Pernaut jeudi sur TF1 à ce sujet.
 

21h33: «Je ne vais pas interdire les plans sociaux»

Emmanuel Macron est interpellé sur les plans sociaux, en particulier le cas de Carrefour qui licencie des salariés tout en versant des dividendes à ses actionnaires. «Quelle réponse concrète on apporte aux injustices, aux indignations ? Je ne vais pas vous dire que je vais interdire les plans sociaux. La solution à laquelle je crois, c'est de rendre le dialogue social plus efficace», esquive-t-il.

21h25: Le débat a repris, sur le «verrou de Bercy»

C'est-à-dire le monopole du ministère du Budget en matière de poursuites pénales pour fraude fiscale. Edwy Plenel demande s'il le fera sauter. Emmanuel Macron n'est pas très chaud, comme son ministre Gérald Darmanin interpellé sur ce point par Olivier Besancenot il y a quelques semaines : «Il y a transmission de l'infraction fiscale à une commission, dans laquelle il y a des parlementaires présents et des experts. Celle-ci décide à ce moment-là de transmettre au juge ou pas. Ce n’est pas une décision du ministre ou de administration seule. Ce système permet que la France soit l'un des pays où l’on recouvre le mieux contre les fraudeurs. Il n’y a pas de cadeau dans notre pays», explique-t-il.

21h20: Point ton de voix

Emmanuel Macron a d'un seul coup changé de niveau sonore, parlant de manière beaucoup plus posée et basse. Le président s'énervait franchement depuis plusieurs minutes.

21h15 : Vraiment, le ton monte à chaque question

« Vous n’êtes pas le professeur et nous ne sommes pas les élèves », lance Plenel. Emmanuel Macron est visiblement très agacé. Huile sur le feu, Bourdin fait référence à son « ami Bernard Arnault », le patron du groupe de luxe LVMH, en revenant sur le thème de l’optimisation/évasion fiscale. Le président le renvoie à son « ami Drahi » (patron de BFM-RMC), Bourdin n’est pas content non plus. Personne n’est content en fait. Probablement bon signe.

 

21h12 : Ça part dans tous les sens sur l’évasion fiscale

Emmanuel Macron insiste sur le fait que les deux journalistes confondraient optimisation et évasion fiscale. Jean-Jacques Bourdin lui demande s’il le cautionne moralement, Emmanuel Macron s’énerve un peu. On ne sait plus qui parle, mais la moustache d’Edwy Plenel frétille toujours.

21h08: Nouvel accrochage dans la minute !

- Je ne souscris en rien au fait qu’il y aurait une coagulation des mécontentements ! (Macron)

- Ne vous énervez pas ! (Bourdin)

- Je ne m’énerve pas mais je n’aime pas la malhonnêteté intellectuelle. (Macron)

21h07: Sur cette petite accroche (il y en aura d'autres), on passe à la situation en France

En l'occurence les multiples mécontentements (réforme de la SNCF, personnels soignants, ZAD de Notre-Dame-des-Landes et retraités).

21h05: «Est-ce une question ou un plaidoyer ?»

Edwy Plenel, moustache au vent, ironise sur la pratique du pouvoir du président : «Vous auriez du appeler votre mouvement "En force"». Emmanuel Macron n'apprécie pas trop: «Je réponds et je répondrai à toutes les questions, mais je tenais à dire que votre question était posée de manière biaisée».

21h01: «Impuissanté» a bien été dit, alerte nouvelle macronerie

 

20h58: «La France n'a pas déclaré la guerre au régime de Bachar el-Assad»

«Nous avons œuvré pour que le droit international ne soit plus violé, ainsi que les résolutions de l'ONU. [...] La France est le pays qui a été le plus actif sur le plan diplomatique et humanitaire ces derniers mois. Nous étions arrivés à un moment ou cette frappe était indispensable pour donner de la crédibilité à notre communauté. Pour construire cette solution durable en Syrie, il faut discuter avec l'Iran, la Syrie, la Russie», explique le président, relancé par les deux journalistes.

20h55 : « Je serai à Saint-Petersbourg au mois de mai »

Emmanuel Macron confirme que sa visite auprès de Vladimir Poutine, le président russe, n’est pas remise en cause par ces évènements.

20h50: Pour s'y retrouver sur la Syrie, deux articles

Le chercheur Julien Nocetti explique ici ce que ces frappes changent dans le rapport avec la Russie, et les conséquences à attendre dans les prochains jours de cette opération, à lire là.

20h47 : « Intervenir hors du cadre de l’ONU, ça ne vous pose pas de problème ? »

Question d’Edwy Plenel. Réponse : « C’est intervenir de manière légitime dans un cadre multilatéral. En Syrie, nous menons une guerre contre Daesh, dans le cadre d’une coalition internationale. Nous avons ensuite une action diplomatique que nous menons depuis le début pour que le droit humanitaire soit respecté. »

Emmanuel Macron met en avant les multiples vetos russes aux initiatives occidentales pour des enquêtes sur place et ajoute que trois membres du Conseil de sécurité de l'ONU sont intervenus (France, USA, Royaume-Uni) : «Il y a une résolution de septembre 2013 qui prévoit l’usage de la force si l'interdiction de l’usage d’armes chimiques n’était pas respecté. Les Russes ont bloqué constamment les votes.»

20h45: Premier sujet : la Syrie est abordée d’entrée par Bourdin

« Je veux rendre hommage à nos soldats. L’opération que nous avons décidée a été parfaitement conduite. Ces capacités de production d’armes chimiques ont été détruites. Il n’y a aucune victime du côté syrien et russe. Cette décision a été prise par la France sur me principe dès dimanche dernier, 48h après l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta. Nous avons obtenu des preuves que des armes chimiques ont été utilisées, et que l’utilisation du chlore pouvait être attribué au régime syrien », répond le président Macron.

20h40: C'est parti ! (avec 5 minutes de retard)

20h34: Jean-Luc Mélenchon n'est pas content (surprise!)

 

20h25: On a fact-checké le passage du président de la République sur TF1 jeudi

C'est à lire ici, en attendant le début de l'interview.

20h10: Un aperçu du teasing de BFMTV

Qui a déjà fait la promo de l'interview toute la journée sur son antenne.

 

20h00: Pourquoi le duo Plenel-Bourdin ?

Le politologue Jérôme Sainte-Marie explique ce qu’il faut attendre de cette interview de deux heures.

>> A lire : Avec le duo Bourdin-Plenel, Emmanuel Macron veut «une démonstration de force»

 

Bienvenue sur ce live pour suivre l'interview d'Emmanuel Macron à 20h35 sur BFMTV et Mediapart.