Emmanuel Macron endosse son costume de chef de guerre

IMAGE Emmanuel Macron aura l’opportunité d’expliquer sa politique militaire au cours de l’interview programmée dimanche…

B.C. avec AFP

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Donald Trump et Emmanuel Macron lors de la parade militaire sur les Champs-Elysées, le 14 juillet 2017.
Donald Trump et Emmanuel Macron lors de la parade militaire sur les Champs-Elysées, le 14 juillet 2017. — PDN/SIPA

Emmanuel Macron a pour la première fois ordonné une opération militaire d'envergure en décidant de mener des frappes, avec Washington et Londres, contre le régime syrien de Bachar al-Assad, responsable selon lui d'une attaque à l'arme chimique le 7 avril. « Nous ne pouvons tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques», a annoncé le chef de l'Etat peu avant 3h30, une demi-heure après l'annonce de fortes explosions dans la capitale syrienne Damas.

Ces derniers jours, le président de la République avait déployé une intense activité diplomatique, multipliant les entretiens téléphoniques, notamment avec ses homologues américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine. Pour le chef de l'Etat, « les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute » concernant la mort «  de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants» dans une attaque « à l'arme chimique» le 7 avril à Douma. 

Moi, chef des armées

«La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie. J'ai donc ordonné aux forces armées françaises d'intervenir cette nuit, dans le cadre d'une opération internationale dirigée contre l'arsenal chimique clandestin du régime syrien», précise Emmanuel Macron dans un communiqué diffusé dans la nuit.

Le président a ensuite publié sur Twitter des messages en français, anglais et arabe avec une photo le montrant en train de présider une réunion dans le PC Jupiter, le poste de commandement de l'Elysée. Il est entouré de la ministre des Armées Florence Parly et de ses principaux conseillers diplomatiques et militaires.

Rupture par rapport à la politique de Hollande

Près d'un an après son élection, Emmanuel Macron endosse ainsi pour la première fois ses habits de chef de guerre pour ordonner une opération, après avoir hérité de celles contre les jihadistes au Levant (Chammal) et au Sahel (Barkhane).

Il n'avait guère laisser planer de doutes sur ses intentions de réagir militairement après l'attaque du 7 avril qui correspondait, selon lui, à la « ligne rouge » qu'il avait fixée, à savoir une attaque chimique présentant un caractère « létal » et pour laquelle la responsabilité du régime était « avérée ». Après une précédente attaque chimique attribuée au régime en septembre 2013, la France, sous la présidence de François Hollande, avait déjà souhaité intervenir en Syrie avant de renoncer en raison d'une volte-face du président américain Barack Obama.

Le Parlement sera informé

Le chef de l'Etat annonce aussi que, conformément à la Constitution, « le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d'intervention de nos forces armées à l'étranger ». Edouard Philippe a informé dans la nuit les présidents des deux chambres du Parlement.

Emmanuel Macron aura aussi l'opportunité d'expliquer sa décision au cours de l'interview programmé dimanche soir sur BFMTV, RMC et Mediapart.